Extrait Minigicien T1 – Prologue

Résumé provisoire et non définitif : 

Au départ, il y avait un plan. Tout était simple : choisir un Alpha des alphas, remettre de l’ordre dans l’univers magique de la Terre et laisser les choses suivent leur cour. Mais ça, ce n’était qu’un plan et comme tous les plans, il y avait des failles. 

Alors que trois jours se sont écoulés depuis le départ de Théo-Daniel, Joshua se réveille en sueur. Samantha, une prêtresse exceptionnelle capable de converser avec lui, lui apprend le terrible secret de la famille Logan. Il découvre ainsi que les apparences peuvent être trompeuses, que des amis peuvent être des traîtres et que des ennemis peuvent devenir des alliées. 

Mais avant d’accepter son rôle dans un combat qui semble réunir toutes les entités magiques, il devra affronter sa plus grande peur. 

***

Prologue / Lazard

 

Il avait appris que son espèce devait rester à l’ombre des regards des humains, qu’elle ne devait jamais se mêler avec cette race fragile et devait respecter les lois de leur déesse : Anthéra. Très jeune, Lazard Dominic s’était dressé secrètement contre ses idéologies : vivre en harmonie tout en respectant les rangs de chaque clan interne ainsi que les humains de la Terre. En grandissant, il avait vu les siens vivre dans la peur des lendemains.

— Lazard ! Une source vient de m’apprendre qu’une prêtresse foule notre monde depuis des années !

Il détourna son regard de la fenêtre de son bureau, jeta un œil à l’un des alphas soumis à Légion. 

— Il y a longtemps que je n’en ai plus croisée, dit-il en repensant à celle qu’il avait assassiné, persuadé qu’elle était la dernière.

Il rit et se replaça de façon à contempler son visage dans le reflet de la vitre. Lazard avait trente-cinq ans depuis plus de deux siècles et demi. Il avait un visage carré, les cheveux sombres tombants jusqu’aux épaules et une carrure imposante qui savait effrayer les siens.

— Monte une équipe, prends une nécromancienne et amène-là moi, morte ou vive.

— Bien, Alpha.

Lazard avait fini par faire du monde tel qu’il le connaissait autrefois, un terrain de chasses où les humains n’avaient plus aucune emprise sur sa vie. Il avait découvert une manière de contrer la prophétie d’Anthéra et ses lois.

***

Né en 1745, comme tous les métamorphes, Lazard avait eu connaissance de la prophétie de l’Alpha des alphas. Contrairement aux siens, il l’avait détesté, car à ses yeux, il ne fallait pas attendre qu’Anthéra élise l’Alpha, mais que celui qui avait les épaules pour porter son peuple vers un meilleur avenir devait s’imposer de lui-même et saisir cette place, chose qu’il s’était appliqué à préparer.

Alors qu’il avait 16 ans, avec son air innocent et sa jeunesse, il s’était renseigné sur la prophétie grâce aux chamans de cette époque qui ne voyaient en lui qu’un curieux avide de savoirs. Ils lui avaient expliqué qu’Anthéra avait beau ne plus avoir de corps, sa magie était capable d’œuvrer au-delà du plan matériel. Pour lui, ce n’était que des histoires. Quel genre de déesse laisserait ses enfants vivre caché ? La Terre était aussi leur foyer et Lazard était prêt à tout pour qu’elle n’appartienne qu’à une seule race : la sienne, les métamorphes loup.

Pendant les cinq années suivante, il avait secrètement sympathisé avec des nécromanciens, des sorciers qui faisaient appels aux ténèbres, faisant ainsi naître la légende du loup du Gévaudan. Lazard avait réussi à déjouer la prophétie, mais il ne s’était pas attendu à ce que Ezra, le métamorphe loup choisi par Anthera, sacrifie sa vie pour protéger son clan.

Les humains étaient stupide. Ils avaient créé la légende et l’avaient ensuite bouclé en tuant ce maudit loup. Lazard l’avait certes empêché de devenir l’Alpha des alphas, cette belle victoire avait eu un goût amer. Une sorcière, nommée Gwendydd, l’avait trahi en ensorcelant une parcelle de ses terres qui serait devenu un refuge pour tous les métamorphes non loup. Lazard avait tenté par tous les moyens de la localiser, mais les nécromanciens ne parvenaient pas à contrer son sortilège. Et pour cause, il ne l’avait appris que plus tard, cette sorcière était une descendante de Merlin.

Il avait commis des fautes qu’il avait mis sur le compte de son inexpérience. Aujourd’hui, après avoir affronter des alphas et avec l’appui des nécromanciens, il avait réussi à détourner les lois d’Anthéra et ainsi devenir l’Alpha. Sa meute s’était au fil des décennies significativement agrandie. S’il avait été capable de faire échoué la prophétie, il y arriverait une seconde fois, sauf qu’il veillerait à ne plus commettre les mêmes erreurs. 

— Conrad ! appela-t-il.

Un démon à l’apparence humaine arriva dans la pièce.

— Oui, Alpha !

— Si une prêtresse respire notre air, cela signifie que la prophétie est en train de se préparer ! Rassemble tes sbires, il est temps d’aller à la rencontre des derniers vieux sages !

— Bien maître.

Lazard savait que les chamans ne lui donneraient jamais le nom de l’élu, mais il avait appris au cours de ses deux siècles, que la torture était efficace quand il ne s’agissait pas de leur propre personne. Un sourire narquois se dessina sur ses lèvres. Lazard avait laissé filtré si peu d’informations sur ses plans qu’il était certain de rester l’Alpha des alphas.

Une fois que cela sera réglé, il fera des humains, des esclaves. Et son peuple pourra jouir d’une vie comme il l’avait toujours espéré.

 

Partie 1 du chapitre 1

 

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Ils sont tout beau !

Bonsoir !

 

Ils sont à la maison ! 

Minigicien : Il m’en aura fallu du temps, encore désolée. Je joindrai à votre livre, la carte qui va avec 🙂 dans la semaine. Persuadé d’avoir les enveloppe-bulle… je viens de m’apercevoir que non et comme un week-end sur 2, c’est la famille avant tout, du coup, mon homme devra faire les envois. Et comme, je suis super tête en l’air, je n’ai pas pensé à acheter un livre pour moi -_- (j’aurai la version vente au moment de le diffuser)

J’espère sortir plus vite le T1, promis car il est en cours et vous en faire une autre d’ici là cette été.

Je rappelle : pas de version papier en vente avant noël, uniquement en ebook sur amazon le 15 juin 2019.

 

Kira

 

Neuf mois – Nouvelle 1

Cédric & Jérôme

Spoiler Histoire d’aimer (Neuf mois)

Note de l’auteur : Ceci est ma première version (à peine relue et pas passée à la correction) donc il peut y avoir une légère différence avec celle publiée officiellement dans Poussières de rêve.

Résumé : Six ans après Neuf mois.

Les enfants de Vincent et d’Alexandra passent une semaine chez leur grand-parents, Cédric et Jérôme.

***

Cédric & Jérôme

— Papi Gégé ! s’écria une petite blonde de six ans en courant vers lui. T’as les gâteaux ?

— Évidemment ! Tu croyais que j’avais oublié l’anniversaire des jumeaux ?

— Julia, intervint sa bru en le déchargeant des deux boîtes, n’embête pas papi, laisse-le se mettre à l’aise.

— Vite ! Vite ! Je veux les voir ! s’exclama la petite en sautillant sur place.

— Mon père n’est pas avec toi ? lui demanda Alexandra.

— Il a été appelé, soupira Jérôme en grimaçant. Un autre cambriolage a eu lieu dans une bijouterie à l’est de la ville.

— Vivement que ses hommes les arrêtent.

Cédric aimait ce qu’il faisait et ne semblait pas prêt à changer de métier. Après six ans de vie commune, Jérôme s’était habitué à voir son homme partir au milieu de la nuit ou de leur week-end.

— Pi Gégé ! Pi Gégé !

Il s’agenouilla et deux petits blondinets se jetèrent dans ses bras. Lenny et Cory étaient nés un an après Julia. Il était très fier de son fils, Vincent avait fondé une famille qui rendait leur vie mouvementée.

— Bonjour, mes canailles ! Alors quel âge cela vous fait-il, aujourd’hui ?

— Uh ! Cinq ! s’écria le premier en lui montrant le nombre de doigts de sa petite main droite.

— Hé super !

— On est grand ! s’exclama le deuxième.

— C’est vrai, ça, murmura-t-il en déposant un baiser sur leur front.

— Alors, s’éloigna le premier, on peut conduire ?

Jérôme éclata de rire. Lenny n’oubliait jamais rien.

— Tu redemanderas ça à papi Ced.

Lenny fronça les sourcils avec insistance.

— Mais Pi Ced, il dit toujours non !

— Uh ! renchérit Cory. Pi Ced, il dit toujours non.

Vincent arriva à ce moment-là, le sourire aux lèvres.

— Les garçons, maman a besoin de vous pour attacher des ballons dans le jardin.

Il se tourna vers lui :

— Vient papa que je te sers un verre de limonade.

— Vous partez toujours ce soir ? demanda-t-il en le suivant dans le salon.

— Oui, ça nous fera du bien. Alexandra et moi attendons cette semaine de congés depuis un moment. J’espère que vous vous en sortirez avec les petits.

Jérôme s’assit en le rassurant que tout passerait bien. Cédric avait déjà planifié la semaine complète, mais connaissant les enfants, celui-ci aura du mal à se faire respecter…

.

.

Cédric sortit de sa voiture et regarda quelques instants la maison dans laquelle il vivait depuis six années avec Jérôme. La cuisine était allumée. Il s’avança et sourit en voyant ses petits-enfants discuter avec son compagnon. Il avait eu du mal à se faire à l’idée de devenir grand-père, mais aujourd’hui à l’âge de quarante-huit ans, il n’échangerait sa famille pour rien au monde, même si on l’appelait papi.

— Pi Ced ! s’écria l’un des jumeaux lorsqu’il referma la porte derrière lui. Je t’ai gardé du gâteau !

— Oh, tu as pensé à moi ?

— Uh ! opina le petit blond qui tendit ses bras vers lui.

Cédric le porta et déposa un baiser sur une joue avant de le faire au jumeau et à Julia.

— Pi Gégé l’a mis au frigo ! Dis ? T’as attrapé des méchants ? Pour ça, t’étais pas là ? Papa et maman ont pris l’avion ! Y avait beaucoup de monde !

Cédric gloussa devant la causette de son petit-fils.

— Cory, intervint Jérôme en le prenant et en le plaçant sur une chaise, maintenant que papi Cédric est là, si on passait tous à table ?

— Uh ! Pi Ced, reprit le garçon, tu t’assois là, à côté de moi.

Cédric sourit, s’approcha de son amant et lui fit un rapide baiser.

— Je vais ranger mon arme et mon insigne et j’arrive.

— D’accord, commissaire, lui dit-il, le sourire aux lèvres.

.

.

Il était tard quand Jérôme borda les jumeaux et Julia. Cédric qui sortait de la douche vint à son tour leur souhaiter une bonne nuit.

— Pi Gégé, murmura l’un des jumeaux alors qu’il allait laisser sortir de la chambre, si y a des monstres ? Je peux dormir avec vous ?

— Y a pas de monstres, Cory, gloussa le frère.

— Hé, les coupa Cédric, on ne se moque pas et, oui, si tu as peur tu peux venir.

Il éteignit et laissa la veilleuse.

— Bonne nuit les enfants.

— Bonne nuit ! s’écrièrent ces derniers.

Il rejoignit son compagnon dans leur chambre et ôta uniquement son T-shirt. Si les enfants décidaient de s’incruster dans leur lit, il ne voulait pas les traumatiser en se trouvant nu sous la couverture.

— Alors cette journée ? lui demanda Jérôme lorsqu’ils furent allongés, l’un en face de l’autre.

— Longue, maugréa-t-il en roulant au-dessus du corps de son amant. Tu sais que je préfèrerai toucher tes fesses et…

— Hum, grogna Jérôme, soit sérieux…

— Je le suis, rit-il.

— Qu’est-ce qu’on a dit quand on a accepté de garder les enfants ?

Cédric l’attira dans ses bras et l’embrassa passionnément en espérant lui faire oublier l’accord qu’ils avaient passé ensemble. Pas de sexe pendant une semaine ? C’était hors de question.

— Ced, marmonna son amant.

— Hum, gémit-il en le serrant un peu plus, collant son bassin au sien.

Ils roulèrent l’un sur l’autre, s’embrassant avec amour. Cédric se trouva au-dessus de Jérôme, les jambes de celui-ci autour de sa taille.

— Et si je t’enlevai ton pantalon, commença-t-il avant d’être interrompu par une petite voix derrière la porte.

— Pi ?

Cédric s’écarta et se laissa choir sur le côté.

— Oui ? répondit-il en s’accoudant pendant que Jérôme lui souriait.

— Pi ? Je peux dormir avec vous ?

— Mon cœur, murmura-t-il à voix basse en se tournant vers Jérôme. C’est lequel des jumeaux ? J’ai du mal à les différencier.

— C’est Cory.

— Ah, d’accord.

— Pi ? réitéra maintenant le petit garçon presque désespéré.

— Oui, Cory, tu peux.

Il donna à peine l’autorisation que le blondinet déboula et s’installa entre eux.

— Bonne nuit, chuchota celui-ci.

Cédric décocha un regard navré et frustré à Jérôme. La semaine allait être longue. Très longue.

.

.

Le dimanche matin, Jérôme se leva plus tôt. Il prit sa douche et opta pour un jogging. Si les enfants étaient aussi dynamiques que le lui avaient dit les parents, il devait être à l’aise dans ses vêtements. C’était la première fois qu’il les gardait tous les trois pendant une si longue période. Ce n’était pas non plus des semaines, mais avoir des enfants en bas âge n’allait pas être de tout repos. Il avait même posé sa semaine de congés. Quant à Cédric, il ne pouvait pas se le permettre tant qu’un groupe de cambrioleurs continuait à sévir en ville.

— Papi ! s’exclama Julia en sortant de la salle de bains. T’as bien dormi ?

Il la porta contre lui et l’embrassa sur la joue.

— Très bien et toi ?

— Uh ! Cory a dormi avec vous ? lui demanda-t-elle en écartant ses mèches blondes du visage.

Jérôme la trouva mignonne à discuter avec lui comme une grande.

— Oui.

— T’as pas pu faire un câlin à papi Ced alors ? Papa et maman, ils adorent faire des câlins le matin !

Jérôme rigola en la déposant sur une chaise.

— Tu veux un câlin ? lui demanda-t-elle l’air sérieux.

— Bien sûr !

— Je t’aime papi, lui murmura-t-elle à l’oreille.

— Moi aussi, ma belle.

— Hé ! Pi Gégé ! Moi aussi ! Moi aussi ! Câlin !

Il rit et s’agenouilla pour être à la hauteur de Cory.

— Je pensais que tu serais resté au lit ?

— Non, marmonna celui-ci en posant la tête contre son épaule. Len m’a poussé.

— Lenny t’a poussé ? Du lit de papi ?

— Uh !

Jérôme connaissait son petit air contrarié pour avoir un second câlin en dédommagement.

— Okay, on fâchera Lenny quand il se lèvera.

— Non, pi Gégé, pas grave.

— Mais si, ça l’est ?

— Uh, non, insista Cory, les lèvres formant une mine boudeuse.

— D’accord, pas de punition.

Son petit-fils sourit ravi. Il y avait parfois un peu de tension entre les jumeaux, mais quand il s’agissait de punition, ils se protégeaient mutuellement.

.

.

Cédric démarra la journée avec un petit coup de pied sur la tronche ce qui le fit grogner et la sonnerie de son portable qui suivit finit par l’achever. Il devait absolument retourner au poste et il savait que cela allait froisser Jérôme.

— Pi Ced ?

Il s’était levé de son lit et lorsqu’il aperçut le second jumeau au pas de la porte de sa chambre, il paniqua. Qui était qui ? Il posa son regard, tour à tour, sur les garçons. Dans la logique, Cory était celui qui se trouvait assis sur le lit. Il se pencha et tendit ses bras.

— Viens, allons rejoindre papi Gégé.

Le petit se jeta sur lui et il prit la main du second sans s’apercevoir que celui-ci se renfrogna. Lorsqu’il arriva dans le salon, Julia vint lui faire un bisou pendant que le petit garçon collé à son torse sauta à terre. Son compagnon attendit quelques secondes avant de comprendre, à travers son regard, qu’il ne passerait pas la journée ensemble.

— Oh, je vois, lui dit-il en se tournant vers la cuisine américaine.

Julia et le jumeau qu’il avait porté coururent jusqu’à la table basse où des feuilles blanches et des crayons de couleur y gisaient.

— Quoi ? demanda le blondinet qui gardait sa main dans la sienne.

— Je crois que papi Ced doit aller travailler, répondit la voix déçue de Jérôme.

Cédric lâcha le garçon et s’approcha de son amant.

— Oui, je suis désolé, chuchota-t-il en l’étreignant.

— Tant pis, je m’en occuperai seul.

— Je te promets de me rattraper.

— Ouais, allez, déjeune, ensuite va te préparer.

.

La journée avait été longue. Cédric avait veillé à ce que les dépôts de plaintes soient à jour. Avant de rentrer chez lui, il fit un détour par l’hôpital. Le père d’Eleven ayant été blessé la veille à la bijouterie, il voulait avoir sa version. Ancien agent, cet homme avait dû remarquer des détails que d’autres n’auraient pas vus.

— Bonsoir, chuchota-t-il en toquant puis en poussant la porte de la chambre de Dean.

— Bonsoir commissaire. Vous venez aux nouvelles, gémit celui-ci.

— Oui. Et votre épaule ? demanda-t-il en regardant le bras maintenu par un bandage épais.

— Ça va, j’en ai vu d’autres.

— Bien…

Il enchaîna rapidement sur les deux cambrioleurs et nota les quelques informations supplémentaires qui pouvaient aider ses collègues, notamment sur les chaussures des cambrioleurs.

— Ils sont organisés et rapide, l’informa Dean.

— Sûrement d’anciens militaires.

— Je te souhaite bon courage, lui dit-il en se redressant.

Cédric pivota et aperçut Raymond.

— Bonsoir ! le salua-t-il.

— Il vous a annoncé la nouvelle ? lui demanda Raymond qui alla rejoindre Dean de l’autre côté du lit.

— Quelle nouvelle ?

— Celle-là, lui répondit Dean en levant sa main gauche où une bague en argent ornait l’annulaire.

— Vous allez vous marier ?

— Evidemment ! s’exclama joyeusement Raymond. Bon, j’avoue que Dean m’a menacé et…

— Hé ! s’insurgea le concerné en riant aux éclats. C’est un peu grâce à Thomas et Eleven.

— Pardon, je suis perdu ? dit-il en fixant l’anneau.

— Oui, hier, j’étais parti accompagné Thomas récupérer sa bague de fiançailles et, on a beau dire ce qu’on veut, on ne sait pas ce que demain sera fait alors, oui, j’ai menacé Ray.

Cédric était reparti, la tête envahie par cette étrange idée. Jérôme ne lui avait jamais parlé de mariage et, peut-être, se foutait-il de ce genre de chose ? Il le désirait. Son cœur le souhaitait, mais son amant qui avait déjà aimé à en oublier de vivre accepterait-il de la finir avec lui ?

.

.

— Pi Ced !

Il poussa à peine la porte qu’un des jumeaux vint se jeter contre sa jambe.

— Bonsoir Cory, murmura-t-il en le voyant froncer les sourcils. Ah, okay, toi, tu es Lenny.

— T’es nul pi Ced !

Il se mordit les lèvres en se déchaussant. Il devait absolument trouvé le truc qui l’aiderait à les différencier. Ils se ressemblaient tellement physiquement qu’il avait pensé que c’était Cory qui venait souvent vers lui.

— On est dans la cuisine ! lui cria son compagnon.

En s’y dirigeant, son regard s’écarquilla en découvrant l’état de sa table basse. Il y avait de la peinture partout et des traces de petites mains. Il commença à prendre une grande inspiration paniquée et sa voix sortit soudainement pleine de colère :

— Mais qu’est-ce qui s’est passé ici ? Il y a eu la troisième guerre mondiale ou quoi ? Ma table ! Vous…

Il leva ses yeux vers son amant qui le fusillait d’un regard noir avant de lui tourner le dos. Il ne fit pas attention aux enfants qui s’étaient éclipsés de la cuisine pour se cacher dans leur chambre.

— Jérôme, tenta-t-il en se calmant. Est-ce que tu peux m’expliquer ?

Celui-ci lui fit face et, pour la première fois en quelques années, son regard était glacial et empli de tristesse.

— Oui, il y a eu la troisième guerre mondiale comme tu le dis ! Et oui, je suis désolé si ta table a pris de la peinture ! Désolé, d’avoir cru que ça te ferait plaisir d’admirer chaque jour les marques des mains de nos petits-enfants ! Je viens mettre du vernis, mais ne t’inquiète pas, je connais quelqu’un qui te la remettra à neuve ! Maintenant, si tu permets, je vais mettre les enfants au lit, ton repas est dans le four à micro-onde. Bon appétit !

Cédric, penaud, grimaça et l’empoigna par le bras.

— Pardon, chuchota-t-il en le voyant s’éloigner de lui.

— Je vais rassurer les petits ! lui grogna-t-il.

.

Jérôme était en colère parce que son amant avait osé dire « sa table » et non la leur. En s’installant avec lui, il avait tous les deux fait des concessions, mais Cédric tenait à ses satanés meubles anciens.

— Pi Gégé ? marmonna timidement Cory en le voyant arriver au pas de leur chambre. Pi Ced l’est fâché ?

— Non, répondit-il en s’agenouillant. Papi Cédric a juste eu une longue journée.

— Mais, il va me fâcher ?

— Pourquoi te fâcherait-il ?

— Parce que c’était son idée, lui rappela Julia.

— Papi Ced l’est pas gentil, murmura Lenny en mettant devant son jumeau.

Jérôme les enlaça tous les trois en espérant les apaiser.

— Les enfants, coupa la voix « calme » de Cédric. Je suis désolé.

Cory se détacha de Jérôme et leva son visage rond vers ce dernier. Il fit mine de réfléchir et lui demanda :

— T’es fâché parce que t’as pas attrapé les méchants, c’est ça ?

— Pardon, je n’aurai pas dû me mettre en colère comme ça, dit-il en s’accroupissant devant eux.

— Mais tes copains et toi vous allez les mettre en prisons ? questionna Lenny.

— Oui, bien sûr.

— T’as été vilain quand même avec nous, insista Julia les bras croisés.

— Oui, c’est vrai, répondit-il en jetant un œil à Jérôme qui semblait amusé par la situation. Qu’est-ce que je peux faire pour me faire pardonner ?

Les enfants s’écartèrent de quelques pas et formèrent un petit cercle. Cédric leva ses yeux au plafond en souriant. Sa fille n’avait pas oublié d’apprendre à ses enfants comment se concerter entre eux. Cela lui rappela l’époque où Rémy et Alexandra lui faisaient la même chose.

— Verdict ? dit-il en les voyant revenir vers Jérôme et lui.

— Papi Ced, chuchota l’aînée de la fratrie sur un air solennel, tu devras réaliser trois vœux à chacun.

— Quoi 3 vœux ? commença-t-il à ronchonner.

— Sinon je dirai à maman que t’as crié après nous !

— D’accord, d’accord, vous avez gagné.

Il se leva en les regardant hurler « victoire » en direction de leur chambre et se tourna vers Jérôme.

— D’où est-ce qu’ils tiennent cette histoire de vœux ?

— Vincent a raconté aux enfants comment Eleven avait réussi à obtenir trois souhaits de Thomas…

Cédric écarquilla ses yeux dans l’intention de rouspéter, mais Jérôme le prit de court :

— Moi aussi, tu m’en devras 3 !

— Tu déconnes ?

La semaine n’avait pas encore commencé qu’il s’inquiétait déjà de la façon dont elle allait se dérouler. Son planning était fichu d’avance, entre son devoir de commissaire et de grand-père, il ne pouvait pas endosser ces deux rôles à la fois.

— Je crois que je n’ai pas trop le choix ? supposa-t-il en abandonnant la partie.

— Non, sinon, je cafte tout à Alexandra.

— Mais…

— Et mon premier souhait est que la table basse restera colorée !

.

.

Les jours suivants, Cédric prenait sur lui de ne pas hurler. Il y avait des jouets qui trainaient dans le salon. Il y avait même des poupées et des voitures qui s’étalaient sur tout son canapé d’angle. Il désespérait secrètement en se disant qu’il n’était plus fait pour avoir des enfants sous son toit. Cela ne l’empêchait pas de les adorer, c’était juste que sa vie de couple calme et ordonnée lui manquait…

.

Vendredi soir, il était très tard quand Cédric rentra de bonne humeur. Même le bordel qui devait encore régner chez lui depuis le week-end dernier ne lui ôterait pas le sourire des lèvres. Ses collègues avaient appréhendés les malfaiteurs et il pouvait enfin pleinement profité des enfants et de son compagnon. Enfin, il ne restait plus que le samedi…

— Je suis rentré ! s’écria-t-il.

Jérôme vint l’embrasser et l’avertit que les enfants étaient déjà couchés.

— Qu’est-ce que vous avez fait aujourd’hui ? demanda-t-il le sourire aux lèvres.

— Nous sommes allés à la piscine.

— Hum, ça veut dire qu’on est seul ce soir ?

— Oui et…

Il murmura à peine ces mots qu’un des jumeaux les interrompit, faisant grogner intérieurement Cédric.

— Pi Ced ? T’es rentré ?

Cédric, les paupières plissées, pivota et tendit ses bras vers le petit garçon qui s’y jeta immédiatement.

— Hé, tu sais quoi ? chuchota-t-il en se redressant.

— Nan ?

— Les méchants sont sous les verrous !

— Waouh, ça veut dire que tu vas rester avec nous ?

— Oui !

— Tu vas me raconter une histoire, alors ?

— Demain, d’accord ?

— Non, lui répondit le garçon en le fixant droit dans les yeux. Je souhaite que tu me racontes une histoire.

Cédric chercha de l’aide auprès de Jérôme.

— Ah, tu te débrouilles, ce que Cory souhaite, tu dois l’exaucer…

Il y avait dans sa voix une pointe de reproche qui ne passa pas inaperçu. Il préféra esquiver une nouvelle fois une confrontation avec son amant. Depuis qu’il avait haussé le ton à cause de la table basse, il faisait profil bas. Il l’avait blessé, il en avait conscience et pour se faire pardonner, il avait énormément réfléchi à leur vie de couple. Ce n’était pas non plus pour cela qu’il le faisait. Il l’aimait et l’amour qu’il lui vouait n’avait pas changé en six ans.

.

Jérôme avait été plus que déçu par cette semaine, mais il faisait avec le métier de Cédric. Il avait pu s’amuser avec les enfants même si le foutoir que ceux-là mettaient dans leur salon, l’avait un peu stressé. Il avait bien essayé de ranger au fur et à mesure, mais il fallait croire que cela était impossible avec eux, ils aimaient avoir leurs jouets à portées de mains.

Toutefois, ce soir, il put profiter de la présence entière de son homme. Cory avait eu le droit à son histoire et maintenant, il somnolait contre le torse de Cédric devant un film d’horreur. Son amant resserra l’étreinte autour de son corps et Jérôme sombra dans les bras de Morphée.

Il s’était endormi d’un sommeil lourd et réparateur comme rarement il en avait eu l’occasion ces derniers jours. Un sourire béat se dessina sur ses lèvres, l’odeur du café lui chatouillant les narines. Il roula doucement en biais et savoura les quelques minutes de répit qui lui restaient avant que les enfants ne viennent le réveiller. Soudain, les yeux toujours clos, son corps se figea. Jérôme eut la désagréable sensation qu’une présence l’observait.

Son souffle se saccada et ses mains devinrent moites. Il sentait le poids du regard sur lui. L’impression d’être espionné le stressa et l’étrange silence qui envahit la pièce n’arrangea rien à la situation. Pourquoi n’entendait-il plus de bruit de casseroles ? Pourquoi n’écoutait-il pas les rires de ses petits-enfants ? Cette fois-ci, le cœur battant de peur, il était certain que quelque chose d’anormal se tramait chez lui… sous son propre toit ! Le corps paralysé et la peau recouverte de chair de poule, l’atmosphère lui parut subitement lourde, l’inquiétant à chaque seconde qui s’écoula comme des minutes.

Ses neurones avaient du mal à se connecter, mais il pouvait sentir le regard le dévisager avec insistance. Cela en devint même troublant. Il se força mentalement à ouvrir ses paupières et quand il aperçut la petite ombre au pas de la porte, il sut qu’elle était là, pour lui ! Il déglutit en levant ses yeux vers le visage et là : BANG un coup de tonnerre résonna dans sa tête. Son cœur palpita à une vitesse si vertigineuse que ses cordes vocales se bloquèrent, l’empêchant de hurler comme un hystérique.

Un petit corps fin s’approcha doucement, pas à pas. Son regard se focalisa sur le seul œil qu’il pouvait distinguer à travers des cheveux longs et épais qui recouvraient entièrement le visage de l’enfant. Jérôme était tétanisé jusqu’au sang. Sa tête tremblota violemment de gauche à droite et, le corps totalement incontrôlable, il sursauta à l’apparition d’une grande ombre à l’encadrement de la porte. Le temps que son cerveau reprenne ses fonctions à la pièce qui venait de s’allumer, il les reconnut…

— Ced ? marmonna-t-il le souffle coupé.

Son compagnon le regarda en plissant les yeux tout en posant une main sur la petite tête et releva les cheveux blonds qui firent trembler Jérôme comme une feuille.

— Ça va ? osa lui demander Cédric.

Quelques secondes passèrent avant que Jérôme ne réalise que c’était sa petite fille.

— The ring ou Dark water c’est fini ! Tu m’entends ! Plus jamais je ne regarderais ces putains de film d’horreur avec toi !

— Pi Gégé l’a dit un gros mot, murmura Julia. Tu dois mettre un euro dans ma tirelire.

Il rit jaune, la poitrine encore secoué de spammes.

— Pardon ma puce, répondit-il en se radoucissant.

Cédric l’aida à sortir du lit et l’enlaça tendrement, caressant son dos d’une main ferme. Julia qui fut rejointe par ses frères leva son regard vers lui et sourit en ajoutant :

— Papi Ced, je souhaite que toi tu mettes un euro à Lenny et à Cory.

— Han, pourquoi ? demanda le premier garçon.

— Pi Gégé l’a dit un gros mot.

— Cool ! s’écrièrent les garçons qui tendirent leur paume.

Cédric s’écarta de son compagnon et décocha un regard noir à celui-ci tout en sortant son portefeuille. Il fouilla et sortit un billet qu’il leur donna.

— Vous vous le partagerez, okay ?

— Ouais ! s’enthousiasma Cory qui le déchira d’emblée en deux.

— Mais ! gronda subitement Cédric en roulant des yeux, pourquoi tu l’as coupé !

Les jumeaux, effrayés par sa grosse voix, partirent en direction du salon et Julia secoua un index devant lui :

— Papi Ced ! T’as encore crié ! T’as fait peur à Cory ! T’es vraiment vilain !

Cédric ronchonna en la voyant partir à son tour.

— Mais merde à la fin, chuchota-il à voix basse. Ces gosses vont me faire tourner en bourrique.

— Attends, intervint Jérôme en le fusillant du regard, je te rappelle que JE les ai gardé pendant que toi tu étais au boulot et qu’on était censé être deux.

— Tu sais très bien pourquoi…

— Oui, je sais, murmura doucement Jérôme pour ne pas inquiéter les enfants. Tes hommes ne peuvent pas vivre une semaine sans leur commissaire.

— Non, parce que c’est mon job !

— Ouais, ça te colle tellement à la peau que je passe en second plan et eux aussi.

— Jérôme, ce n’est pas vrai…

— Oh, il faut que je te rappelle le nombre de fois où j’ai dû annuler nos vacances ? Parce que monsieur « je suis trop parfait pour être remplaçable » ne sait pas déléguer son travail !

Jérôme respira profondément et grimaça en essayant de se calmer.

— Okay, okay, répondit Cédric, je vais voir Cory et on passera toute l’après-midi ensemble.

— Super, ironisa Jérôme. Ce n’est que le dernier jour, mieux vaut ça que rien du tout.

Cédric ne releva pas son ton et alla retrouver Cory. Celui-ci s’était assis au bout du canapé, la tête baissée. Lenny, à côté de son jumeau, lui jeta un regard aussi froid qu’était capable de faire un Davis.

— T’as fait pleurer Cory ! Je dirai à maman que t’as été très très méchant avec lui.

— Je le sais et je ne voulais pas crier, c’est vrai.

Il s’assit à côté de Cory, Lenny, bras croisé et le fixant d’un regard méfiant.

— Cory ?

Le petit garçon lui tendit le billet raccommodé d’un scotche.

— Non, dit-il, c’est pour vous deux, mais il ne faut pas le déchirer sinon il n’aura plus de valeur.

Son cœur se brisa quand Cory leva son regard bleu et humide vers lui.

— J’en veux plus, lui dit-il en courant jusque dans la chambre.

— Ouais, insista Lenny, on n’en veut plus !

— Okay, reste ici, je vais arranger ça.

— Avec du scotche ? lui demanda froidement Jérôme.

Il grogna et quitta le salon. Il avait l’impression de tout foirer ou que ce n’était pas sa semaine. Il entra dans la chambre des enfants. Cory boudait et cela lui fendit le cœur.

— Cory, chuchota-t-il en s’agenouillant devant lui.

Il caressa la petite tête blonde et tenta de l’attirer vers lui, mais l’enfant résista à l’attraction en reculant d’un pas. Il ne savait pas quoi dire pour s’excuser…

— Tu sais, quand ta maman et tonton Rémy étaient fâchés, le seul moyen que j’avais trouvé pour qu’il fasse la paix, c’était qu’ils se fassent un gros câlin. Tu veux bien le faire avec moi ?

Cory renifla et parut hésiter.

— T’aimes pas me faire des câlins, marmonna tristement l’enfant.

— Quoi ? Mais je t’en fais, non ?

— T’en fait plein à Lenny et à Juju. Moi, c’est un tout petit peu, comme ça, dit-il en montrant sa main droite où le pouce et l’index étaient très proche l’un de l’autre.

Cédric en aurait rigolé tellement il le trouva adorable.

— Ce n’est pas vrai Cory, je t’aime autant que ton frère et ta sœur.

— Mais tu me fais moins de câlins.

— Tu sais, je ne le fais pas exprès. C’est pour ça que tu m’en veux ?

L’enfant rougit en hochant la tête et se mordit la lèvre du bas.

— Allez viens, chuchota-t-il en tendant ses bras.

Cory glissa les siens autour de son cou et renifla.

— Je t’aime, vraiment beaucoup, chuchota Cédric. Je ne voulais pas te faire peur avec ma grosse voix. C’est peut-être une mauvaise habitude que j’ai pris en criant après mes hommes.

— Comme ça, ils t’écoutent ? demanda l’enfant.

— Oui, gloussa-t-il. Ça va maintenant ? Tu n’es plus fâché ?

— Uh.

— Parfait, dit-il en l’écartant de lui, et si…

Cédric venait de faire tomber une petite boîte noire de sa poche. Cory la ramassa avant lui et l’ouvrit.

« Ne pas paniquer et ne pas crier » se disait-il mentalement.

— Je, Cory, c’est…

— Waouh, murmura celui-ci en levant son regard pétillant de joie, c’est pour Pi Gégé ?

— Oui, oui, s’empressa-t-il de lire en tentant de rependre l’objet.

— Tu vas te marier avec lui ?

— Peut-être…

L’enfant se renfrogna et le dévisagea.

— Enfin, se reprit-il, oui, mais tu vois, là, il n’est pas… commode, il est un peu fâché avec moi aussi…

— T’as qu’à lui faire un câlin…

Cédric sourit à ces mots. Si cela pouvait être aussi simple. Il reprit la boite et la rangea dans sa poche.

— Ça sera notre secret Cory, hein, il ne faut rien lui dire ?

— D’accord !

— On n’est plus fâché ?

— Non Pi Ced.

— Cool, allons retrouver papi Jérôme.

.

.

L’après-midi, ils le passèrent à la fête foraine. Les jumeaux étaient plus qu’heureux d’aller faire des tours de manèges et Julia adorait ramasser les petits canards. Cédric l’était aussi. C’était l’endroit idéal pour que les enfants usent tous leurs souhaits restant.

À seize heures, ils s’installèrent près d’un jeu gonflable et goutèrent avant d’autoriser d’y aller.

— Alors ? murmura Jérôme, assis à ses côtés. Arrives-tu à différencier les garçons ?

— Hum, je crois que oui. Bon, pour l’instant, je pense reconnaître Cory.

— Ah bon, et comment es-tu arrivé à cette conclusion, monsieur le commissaire ?

Cédric le prit par taille et jeta rapidement un œil aux enfants sur l’aire d’un jeu.

— Ils se ressemblent beaucoup physiquement, mais c’est leur caractère qui les sépare.

— Tu sauras me dire où est Cory ?

Cédric releva le défi. Même s’il n’avait pas passé énormément de temps avec les enfants, il avait réalisé, avec fierté, que Cory l’admirait. Celui-ci réclamait plus d’attentions et paraissait plus tactile que Lenny. Ce dernier l’était, mais c’était plus pour donner des coups que des câlins.

— Okay, arrête-moi si je me trompe, dit-il en scrutant les enfants. Cory est… là !

— Je dois dire, lui répondit Jérôme, que tu auras mis le temps…

— Mhn ! grogna-t-il. Si tu les mets côte à côte, on n’y voit que du feu ! Je suis sûr qu’un jour, ils seraient capable d’échanger leur vie que personne ne le verrait !

— Ne va pas leur donner cette idée…

— Quoi, Pi Ced ? s’écria Lenny.

— Rien, répondit Jérôme, papi dit des conneries…

— Hé, l’autre… marmonna-t-il d’un air menaçant.

— Pi Gégé ! s’exclama Julia en arrivant vers eux. T’as fait tous tes vœux ?

— Non, pas encore, dit-il en narguant Cédric. J’ai tout mon temps !

Ils dinèrent à la crêperie, profitant des derniers moments avec les petits-enfants. Ce soir, Vincent et Alexandra les récupéreraient au retour.

.

.

Cédric et Jérôme étaient claqués. Ils avaient l’impression que les enfants les avaient totalement épuisés, pourtant ceux-là semblaient encore plein d’énergie.

— Pi Ced ? l’appela Cory d’une petite voix alors qu’il venait à peine de poser ses fesses sur le canapé et que Jérôme était sous la douche depuis une dizaine de minutes.

— Oui, Cory ?

Celui-ci grimpa sur le canapé et le rejoignit.

— Tu vas demander pi Gégé ou pas ?

Le secret n’allait surement pas rester éternellement un secret… ou ne l’était plus lorsqu’il vit deux petites paires de yeux le fixer avec beaucoup d’attention. Julia se posta devant lui et Lenny se plaça derrière son frère.

— On peut faire ça avec toi, pi Ced ? demanda ce dernier.

— Je, non, les enfants, une demande en mariage se fait seul, enfin, juste moi…

— Maman, le coupa Julia, bah, elle nous a dit comment papa lui avait demandé sa main. Toi aussi tu vas demander la main de papi Gégé ?

— Euh, bredouilla-t-il, pas comme ça, je…

— Tu vas mettre un genou par terre ? l’interrogea-t-elle, le regard plein d’étoile.

— Et tu vas lui faire un bisou après ? continua Lenny.

— Je,… les enfants, on…

Avant qu’il n’ait eu le temps de rattraper les garçons, ceux-là se mirent à courir vers Jérôme. Ce dernier, en tenue de pyjama, avait les cheveux noirs humides et s’était planté au pas de la porte du salon.

— Pi Gégé ! cria Cory. On a quelque chose à te demander !

Cédric prit une profonde respiration et toussa assez fortement pour que les enfants se taisent.

— Ah bon ? répondit son amant qui cherchait à comprendre les regards tournés vers lui.

— Pas nous, intervint Julia, mais juste papi Ced. Viens !

Elle le tira par la main et l’emmena devant Cédric qui sentit ses joues s’enflammer.

— Pi Ced, marmonna sérieusement Cory. T’as pas mis ton genou par terre !

Il croisa soudainement le regard brillant de Jérôme et il sut, à cette seconde, que cela était finalement le bon moment. Son amant souriait, presque timidement à sa future demande. Cédric déglutit, le cœur cognant fortement dans sa poitrine. Il était même ravi du petit monde autour de lui, seuls témoins de ce qui allait suivre. Il se leva du canapé, sortit sa boîte de sa poche et posa son genou droit devant Jérôme.

Il trembla en tendant l’objet qui fit taire les enfants et il eut soudainement peur de bégayer.

— Jérôme, commença-t-il en entendant les petits glousser, veux-tu m’épouser ?

Un ange passa et Cédric stressa puis son cœur s’emballa en voyant son amant hocher la tête tout en pleurant. Il se releva et l’enlaça tout contre lui pendant que les enfants hurlèrent de joie.

— Oui, je le veux, lui souffla-t-il à l’oreille.

— Tu es sûr de vivre avec un ours comme moi ?

— Oui, mille fois oui, lui répondit-il. Je t’aime…

Cédric s’écarta, heureux et fit glisser la bague à l’annulaire de son futur époux.

— Fais voir Pi Gégé ! s’exclamèrent les garçons tandis que Julia prit carrément sa main et la regarda.

— Han, waouh ! s’extasia-t-elle. Je pourrais jeter des pétales de fleurs à votre mariage ?

Jérôme éclata de rire et la sonnette retentit à cet instant, faisant sursauter les enfants.

— Papa ! Maman !

.

.

Cédric avait été ravi de voir que les enfants avaient juste parler de sa demande aux parents. Quant à Jérôme, il était sur son petit nuage, fixant la bague comme s’il venait de recevoir le prix Nobel du meilleur papi. C’était bien le cas. Cédric n’avait pas vraiment assuré, il le savait, mais il devait admettre que les enfants l’avaient bien aidé.

Lorsqu’il referma la porte d’entrée, il trouva son homme avachi sur le canapé. Il s’étendit à ses côtés et déposa un baiser sur son front.

— Bonne nuit, mon cœur.

— Bonne nuit monsieur Canan, marmonna Jérôme le sourire aux bords des lèvres.

Cédric ne dit rien. S’ils devaient se marier, ils porteraient leurs deux noms accolés…

FIN