Grimoire – Chp 9

Chapitre 9 : Au jour, le jour

 

 

La première chose que fit Maxence en ouvrant les yeux fut de glisser une main à ses côtés. L’absence de corps noua instantanément sa gorge. Il se redressa et se rappela qu’il était nu. Son regard balaya la pièce et il remarqua que le sac d’Adam avait disparu.

Ce matin, ils s’étaient embrassés sans retenus. Jeunes amoureux transis, ils s’étaient laissé emporter par leurs émotions, réveillant leurs désirs aux plaisirs de la chair. Ce n’était qu’un  flirt poussé et cela avait été agréablement bon. Maxence rougit en repensant à leurs gémissements et à leurs caresses. Il n’y avait rien eu d’embarrassant dans leur regard. Au contraire, ils avaient enfin acceptés de se dévoiler l’un à l’autre. Ils s’étaient ensuite changés et avaient voulu dormir un peu ensemble.

Maxence mordilla sa lèvre inférieure et se rallongea sous la couette. Son cœur chavira en voyant Adam franchir la porte.

— Je t’ai apporté le repas. Maman et papa ne rentrent que ce soir, l’informa-t-il en déposant le plateau sur la table de chevet.

Maxence se mit en position assise et hocha la tête tout en contemplant celui qu’il aimait. Adam portait un bas de pyjama bleu, lui dévoilant un torse nu. Un sourire se dessina sur ses lèvres quand ce dernier se glissa derrière lui et déposa des baisers sur sa nuque.

— Il faut qu’on parle, lui chuchota Adam.

Maxence pivota sur ses fesses et enroula ses jambes autour de la taille de son copain. La seule chose qu’il désirait pour l’instant était de l’embrasser jusqu’à manquer d’air. Chose qu’il fit en sentant un sourire sur les lèvres d’Adam. Son corps tremblait à son contact et il en voulait plus, mais Adam, très sérieux, l’intima d’arrêter juste quelques secondes.

— J’aimerais vraiment qu’on en parle.

Maxence ronchonna et se blottit contre lui.

— De quoi veux-tu parler ? marmonna-t-il en fermant les yeux.

— De nous pardi ! lui répondit-il en dessinant des cercles avec la paume de la main sur son dos.

— Il n’y a rien à dire, je suis bien avec toi et je veux que tu restes avec moi…

— Je dois finir mon année scolaire là-bas, lui souffla-t-il.

— Je sais Adam.

— Et, je voudrais la finir aussi l’année prochaine.

Maxence sentit son cœur se serrer, mais il ne lui montra pas sa déception.

— D’accord, mais tu rentreras les week-ends ?

— Pas tous, mais j’essaierais un week-end sur deux, de toute façon on pourra se voir sur Messenger…

— Oui, mais ce n’est pas pareil, dit-il en lui faisant face.

Ils ne leur restaient qu’une semaine avant la reprise des cours.

— Dans ce cas, prévint-il en lui volant un baiser, je ne te lâche pas d’une semelle.

— Tu verras, chuchota-t-il à son oreille, tu seras le premier à ne plus me supporter…

— Tu ne me détestais pas alors ? demanda-t-il le cœur palpitant.

— Non, lui répondit-il en déposant un baiser sur son front, au contraire, mais n’en parle plus, on est ensemble et je compte bien que cela reste ainsi. Et, de toute façon, tu n’as plus le choix !

Une main d’Adam glissa sous ses fesses et celui-ci l’embrassa. Maxence était content parce que ce dernier était avec lui et personne d’autre.

 

8 / 01 / 2009

J’ai passé le plus beau des réveillons ! Oui, Maxence et moi, on est enfin réuni depuis plus d’une semaine ! YEAHHH ! Si tu savais comme je suis le plus heureux des hommes, j’ai tellement espéré que j’ai cru avoir rêvé, mais quand je me suis réveillé, il était là et il me tenait la main. Si tu voyais comme il est beau quand il dort, un vrai petit ange. On s’est promis de s’appeler et de se voir sur Messenger, je suis trop content ! J’ai envie de hurler ma joie ! Ah, Maxence m’a formellement interdit d’en parler au parent, il préfère attendre… en même temps… bon, bref… A.P.

☆☆☆

 

Les vacances étaient finies depuis un moment. La présence d’Adam lui manquait et même s’il lui parlait les soirs via Messenger, celui-ci était si loin que cela n’arrangeait rien. Le pire était de se dire qu’il lui restait encore la fin de l’année et la suivante. Heureusement que Gauthier et William qui furent mis au courant de leur liaison étaient là. Autrement, il aurait passé des journées à se morfondre. Morgane aussi le taquinait assez souvent et cela lui permettait d’avoir une amie vers qui se confier.

Un jour d’avril, sur un banc, elle lui demanda sur un coup de tête :

— Est-ce qu’il t’a dit qu’il t’aime ?

Curieusement, Maxence n’en avait aucun souvenir. Depuis quatre mois qu’ils étaient ensemble, malgré la distance, ils ne s’étaient jamais vraiment avouer leurs sentiments.

— Non, mais je n’ai pas besoin qu’il me le dise car je le sens. Adam m’aime, bredouilla-t-il comme pour s’en convaincre.

— Je crois que pour une fois, lui répondit-elle le sourire aux lèvres, tu as bien raison. Quand il rentre les week-ends, plus personne n’existe à part toi…

Maxence ne doutait pas de son petit ami. Elle avait raison. Adam restait toujours avec lui une fois que celui-ci avait fini ses devoirs. Chacune de leurs retrouvailles était authentique. Il les vivait pleinement en l’aimant davantage. Son cœur d’adolescent amoureux s’affolait toujours la veille de son retour et parfois, il l’attendait déjà endormi dans le lit d’Adam. Quand il n’était pas trop fatigué, il se réveillait en sentant deux mains qui parcouraient fiévreusement son corps. Ce qu’il adorait le plus était les baisers qui lui indiquaient combien il lui avait manqué et il y répondait avec tout son amour.

Lorsqu’il flirtait avec Adam, il essayait d’être discret, du moins l’espérait-il, surtout qu’il ne voulait encore rien dire aux parents. D’une part, parce qu’il avait peur de leur réaction, non pas parce qu’il était gay, mais parce qu’il s’agissait de leur fils et, d’autre part, parce qu’Adam ne lui avait pas dit les trois fameux petits mots. Lui non plus d’ailleurs. Sûrement que la fierté les retenait, ou la crainte qu’une fois que les mots ne franchissent de leur bouche, ils ne se rendent compte trop tard de leurs erreurs.

Maxence ne voulait pas y penser, car cela remettrait en question leur couple qui lui paraissait aussi fragile que leur complicité. Ils étaient ensemble, mais à quel prix ?

 

2 / 03 / 2009

Tous les jours, Maxence me manque, je ne pense qu’à lui, à ce qu’il fait, avec qui il parle. J’en deviendrais pathétique mais c’est comme ça. Il me rend dingue et quand je le vois le soir sur Messenger, j’ai mon cœur qui hurle de chagrin parce que je ne peux pas le serrer tout contre moi.

Heureusement, Thomas et moi, nous nous occupons pas mal en dehors de la vie scolaire. Sa copine, Gwenaëlle, est me trouve plus serein. Tu m’étonnes ! Elle en a vu des vertes et des pas mûres avec moi… mais, tout ça c’est fini. J’aime Maxence et lui aussi, alors je suis heureux et je veux partager mon bonheur avec les gens que j’apprécie.

Parfois, j’avoue que c’est dur d’être loin de lui. Ah ! Et quelle joie, quand je rentre pour le retrouver, Maxence est déjà dans mon lit et ça me prouve encore qu’il tient à moi. Il me dit des mots doux, des mots qui me réchauffent le cœur. Je veux faire ma vie avec lui… A.P.

☆☆☆

 

Le temps passa assez vite, à la grande satisfaction de Maxence. Le matin de la fête des mères, il se réveilla à côté d’Adam. Que demander de plus quand il avait la personne qu’il aimait ? Il était si amoureux de lui qu’il savait que rien ne pourrait les séparer, sauf si c’était son copain qui y mettait fin.

Cet après-midi, ils marchèrent tous les deux, main dans la main dans le cimetière. Maxence avait la gorge nouée parce qu’il allait voir sa mère et son père avec Adam. Cette guerre silencieuse n’avait été qu’un leurre, une couverture parce que son blond avait seulement eu peur de ses sentiments.

Un jour, pourtant, il voudrait entendre ces trois mots de sa bouche. Grâce à Gabriel, il se souvenait de ce qu’il avait lui-même écrit à la fin du grimoire. Parfois, certaines choses se faisaient parce que c’était ainsi et, ce jour-là en l’acquérant, une partie de lui devait inconsciemment souhaiter que cela se produise.

Ils arrivèrent à la pierre tombale de ses parents. Maxence, ému, présenta officiellement Adam comme son petit copain.

— Adam est parfois difficile à supporter, gloussa-t-il.

— Quoi ? Mais non Madame Mallet ! le coupa celui-ci en lui pinçant une fesse. Je vous assure que je fais tout mon possible pour le supporter !

— Aieuuu ! s’écria-t-il pour la forme. Non ! Tu veux dire que je te rends meilleur, oui !

— C’est vrai, lui répondit plus sérieusement Adam, j’admets que votre fils n’a pas vraiment tort et puis…

Maxence, les joues empourprées, le regarda murmurer au pied de la tombe :

— Quand il est loin de moi, il me manque terriblement, mais ne le lui répétez pas ?

Maxence qui avait tout entendu se jeta dans ses bras. Il savourait ces moments comme s’il n’allait plus avoir de lendemain. Son cœur battait toujours autant la chamade. Son souffle s’entrecoupait à chacun de leurs baisers et ses tremblements augmentaient à ces caresses… alors, comment ne pas avoir vu qu’Adam le rendait fou ?

L’un contre l’autre, à travers une délicieuse brise, Adam aimait le sentir contre lui. Les bras autour de la taille de Maxence, il sourit en fixant la tombe. Il voulait que les parents de son petit ami sachent combien ce dernier le rendait heureux et combien il l’aimait de tout son cœur.

— Nous y allons, bonne fête maman, je pense très fort à vous deux, je vous aime, murmura-t-il en frôlant la pierre de ses doigts.

— Ne vous inquiétez pas, ajouta Adam, il est entre de bonnes mains ! Au revoir Madame et Monsieur Mallet !

Ils rentrèrent tous les deux, encore plus unis. Pour la première fois, Maxence y était allé le cœur léger. Il avait ni regrets et ni reproches. La présence d’Adam lui avait amplement suffi pour égayer cette journée.

 

25 / 05 /2009

Aujourd’hui était un jour spécial. Oui, j’ai été au cimetière avec Maxence. Il était de bonne humeur et on a parlé avec sa mère. Je me suis senti privilégié. Hé, hé, il m’a officiellement reconnu comme son petit ami ! Et dire que d’habitude, je le regardais, cette fois-ci, j’ai participé, mais SURTOUT, il n’était pas triste !

Je suis heureux, Maxence me comble de joie. Tu me diras que je suis jeune et sûrement stupide à cause de l’amour que j’éprouve pour lui, mais je sais que c’est avec lui que je finirais ma vie. Alors, je veux que tout soit parfait. Je ne veux pas précipiter les choses, on a toute la vie devant nous.

Je l’aime et je ne me l’explique pas. Mon cœur l’a ciblé avant même qu’il ne grandisse et, pour moi, cela restera un mystère parce que finalement, ce n’est pas donné à tout le monde de trouver celui qui me complète… A.P.

☆☆☆

 

Ainsi les vacances d’été arrivèrent et enfin, ils purent se retrouver pour de longues journées en amoureux. Ils ne se séparaient jamais et, quand les parents finissaient tard, ils en profitaient pour prendre leur douche ensemble. Maxence apprenait à mieux le connaitre parce que ces dernières années, à part l’entendre lui dire qu’il ne représentait rien, il ne savait pas grand-chose de lui. Les week-ends de l’année écoulée avaient été trop courts pour apprécier le caractère d’Adam, alors durant cette période, scotchés l’un à l’autre, il le découvrait sous un autre angle.

Contrairement à ce que Maxence avait pu voir de lui, Adam était un jeune homme calme et, parfois, autoritaire. Il était, dans leur moment d’intimité, le plus tendre des petits copains. Attentionné et doux. Adam lui demandait souvent de le serrer très fort comme s’il avait peur que cela ne se s’arrête du jour au lendemain.

Un après-midi, ils s’adossèrent contre l’arbre du jardin où, autrefois enfant, ils aimaient s’endormir juste à côté. Maxence décida de relancer la conversation sur leurs sentiments à sa manière. Il s’assit sur les cuisses d’Adam et lui demanda à l’oreille, combien celui-ci l’aimait-il ?

— J’aime t’écouter parler, et même t’entendre chanter sous la douche ! lui dit-il en le fixant d’un regard amusé.

— Mais encore ?

— J’aime sentir ta peau contre la mienne, j’aime quand tu m’embrasses avec du chocolat…

— Mais encore ?

— J’aime quand tu fais l’enfant, lui répondit-il le sourire aux coins des lèvres…

Adam l’empoigna par la nuque et le renversa sur le côté, allongeant son corps contre le sien.

— Que te dire de plus mon ange ? J’apprécie tout de toi, chuchota celui-ci avant de s’emparer de ses lèvres.

Une fois de plus, Maxence se perdit dans ses baisers et, même si Adam n’était pas prêt à lui dire « je t’aime », ces gestes étaient déjà une preuve en soi.

☆☆☆

 

Le temps était merveilleux en ce jour du mois d’Août. Maxence était étendu sur le canapé, la tête posée sur les cuisses d’Adam. Ils regardaient un film sans intérêt. L’aîné se pencha pour l’embrasser puis Maxence, plus intéressé par ses lèvres, se retrouva très vite assis, jambes écartées, sur ce dernier. Après quelques minutes de jeux de langues, il souhaita aller plus loin.

— J’ai vraiment envie de toi, murmura-t-il à l’oreille d’Adam.

— Maxence, lui répondit-il entre ses baisers papillon. Je te… l’ai déjà dit… je veux attendre… ta majorité…

— Quel rapport avec l’âge ? Je suis consentant.

— Maxence, c’est que j’aimerais que tout soit…

— Mais, j’en ai envie ! le coupa-t-il en grognant de frustration. Et, parce que je…

Maxence se leva brusquement et partit s’enfermer dans sa chambre. Depuis sept mois, ils ne s’étaient même pas encore dit ces petits mots et tout cela le frustrait énormément. Il n’en voulait pas spécialement à Adam. Il comprenait que celui-ci veuille attendre qu’il ait dix-huit ans pour faire l’amour, mais pourquoi attendre aussi longtemps ? Il n’aimait décidément pas les principes de son aîné. Que c’était nul d’avoir seize ans !

 

16 / 08 / 2009

Tu sais, je prends vraiment sur moi pour ne pas me jeter sur lui et le faire mien. Maxence ne m’aide pas beaucoup non plus et pourtant je tente de le raisonner. Je peux paraître vieux jeux mais j’ai besoin de respecter ça, autant pour lui que pour moi. Et puis, je crois que ce n’est pas si mal après tout, on a du temps devant nous et je veux apprécier encore ces moments d’innocence avec lui. Je veux pouvoir rattraper le temps perdu ? Est-ce trop demander ?

Maxence mérite bien plus d’attention. Je ne veux pas d’une partie de jambe en l’air. Je veux que nous soyons prêts à franchir le cap. Peut-être, est-ce moi qui bloque ? Je l’ai tellement attendu et tellement désiré que je ne veux pas qu’il soit déçu. Je l’aime tant… Tu penses que j’ai tort ? A.P.

☆☆☆

 

La reprise fut difficile, autant pour l’un que pour l’autre. Adam sentait la fragilité de leur couple et il ne voulait pas céder aux harcèlements de son cadet. Lui-même ne savait pas comment il parvenait à résister à ses assauts. Il en avait autant envie que lui, mais il n’avait pas besoin de cela pour lui prouver qu’il l’aimait, du moins pour l’instant. À ses yeux, c’était un cap important. Il respectait trop Maxence pour uniquement coucher avec lui.

Pour en avoir discuté avec Léo, son ami trouvait cela mignon et idiot à la fois. Gauthier l’avait traité de fille et de romantique. Le sexe restait certes que du sexe, mais il s’agissait de Maxence, pas d’un type avec lequel il s’enverrait en l’air pour le plaisir. Et, oui, il voulait que tout soit parfait et romantique !

Un jour de novembre, Adam avait envie de faire plaisir à Maxence en lui refaisant le cadeau de Noël que celui-ci aurait jeté quelques années plus tôt. Ce soir-là, il n’était donc pas présent pour le voir sur Messenger ainsi que la soirée suivante. Il pensait que cela ne le dérangerait pas et comme ce dernier passait du temps avec William et Viviane, il ne ferait sûrement pas attention à son absence.

Ce fut une belle erreur.

Maxence doutait déjà sérieusement des sentiments d’Adam. Morgane n’étant plus là pour le rassurer, il était persuadé que son petit ami voyait quelqu’un d’autre. C’était pour cette raison que le soir suivant, sur Messenger, il voulait savoir où Adam avait passé la veille.

— T’étais où ? pianota-t-il en boudant devant la webcam.

— J’étais occupé, pourquoi ? Il t’est arrivé quelque chose ? lui répondit Adam en lui faisant un signe de la main pour qu’il lui sourit.

— Non, mais le téléphone, ça existe !

— Je t’assure que tu n’as pas à t’inquiéter.

— Dis-moi avec qui tu étais ? !

Maxence le regarda se lever et ce fut le signe que celui-ci hésitait à lui avouer quelque chose.

— Avec qui étais-tu Adam ?

Ce dernier ne laissa que ses doigts en évidence taper sur le clavier, chose qui le blessa.

— J’étais avec un ami et…

Maxence éteignit directement l’ordinateur et s’emmitoufla sous sa couette. Adam allait lui mentir, il le savait. Amoureux comme il l’était de celui-ci, il resta éveillé quelques heures dans l’espoir qu’Adam l’appelle, mais il ne reçut rien, même pas un SMS.

 

17 / 11 / 2009

Je crois que Maxence est jaloux, mince ! Je ne m’attendais pas à ce qu’il me coupe la ligne ! Qu’est-ce qu’on est con à notre âge ! En même temps je ne pouvais pas lui dire que je lui préparais un cadeau ? Bon, j’admets que j’aurais dû le prévenir pour mon absence. Je sais que sur ce coup-là, j’ai été stupide parce que je sais que j’en aurais sûrement fait autant. Mais de nous deux, j’ai toujours cru qu’il était le plus intelligent, finalement je me rends compte qu’aimer c’est difficile, ça rend complètement aveugle. Je n’ose pas l’appeler, il me dira sûrement d’aller me faire voir, non ? Bon je verrais bien demain soir. A.P.

☆☆☆

 

Le lendemain matin, Maxence se leva aux aurores, prit son argent de poche et sécha les cours pour rejoindre Adam. Il savait qu’il agissait avec stupidité, mais la distance, le refus de dévoiler ses sentiments et la querelle de la veille ne l’avaient pas aidé.

Il arriva à destination peu avant midi. Aux portes du bahut, en distinguant Adam, il eut soudainement honte d’être parti comme un voleur de chez leurs parents. Il se mit à courir, prêt à hurler son nom lorsqu’un jeune homme aux cheveux châtains s’approcha de son amoureux !

Il s’arrêta à deux mètres d’eux et regarda l’inconnu donner un objet à Adam. Ce dernier le serra même quelques secondes dans une étreinte douteuse. Peut-être qu’elle fut courte, mais à ses yeux, elle était loin d’être amicale. Il attendit que le jeune homme s’en aille et Maxence vit Adam répondre à son portable tout en croisant soudainement son regard.

— Qu’est-ce que tu fous ici ? lui cria Adam, tu sais que maman a failli avoir une crise en recevant l’appel de ton lycée ? Maxence ! Tu m’écoutes ?

— Comment peux-tu me reprocher ça ? Alors que toi ! Tu, bafouilla-t-il en indiquant d’un index l’emplacement où Adam se trouvait quelques secondes plus tôt avec l’autre garçon. Tu t’inquiètes juste pour maman ? Et, moi alors ? Qu’est-ce que je suis ?

— Je crois que ce n’est, ni le moment et ni le lieu pour discuter de ça, lui répondit-il en balayant d’un regard leur espace où des étudiants les dévisagèrent.

— Ce n’est jamais le moment avec toi de toute façon ! s’énerva-t-il. Tu ne réponds jamais à mes questions ! Et quant à savoir si tu m’aimes vraiment ! Tu ne me l’as jam…

Adam, un brin énervé par le comportement puéril de Maxence, le tira brusquement dans un coin plus tranquille. Il ne voulait pas envenimer la situation. Il ne comprenait pas non plus la raison qui l’avait poussé à sécher les cours et à venir devant son bahut. Chaque fois qu’ils étaient libres, ils étaient constamment ensemble et tout allait merveilleusement bien entre eux.

— Max, pourquoi es-tu ici ? l’interrogea-t-il le plus calmement possible.

— Pourquoi ? C’était qui ce mec ?

— C’est donc ça, soupira Adam. Je ne te trompe pas, si c’est que tu as cru.

— Okay ! Tu sais quoi ! Va le retrouver et lâche-moi ! Et si ça te fait trop chier de me dire que…

— Arrête de t’emporter pour si peu Maxence, s’il te plaît, l’interrompit-il en comprenant enfin de quoi celui-ci faisait allusion.

— Je veux que tu me dises la vérité ! Ça fait dix mois qu’on est ensemble, tu…

Maxence ne comprenait pas la douleur qui poignardait sa poitrine. Il voulait être auprès de lui et Adam ne voyait rien. Peut-être que celui-ci ne l’aimait pas vraiment ? C’était dur de le penser et il ne survivrait pas si Adam le lui confirmait.

— Tu as si honte de moi que tu agis comme si j’étais ton propre frère ! cria-t-il en recevant subitement une gifle.

Maxence, les larmes rageusement bloquées au bord des yeux, le fusilla d’un regard sombre.

— Je te déteste ! hurla-t-il fou de rage. Je préfère mourir que de supporter tes mensonges ! Toi et tes putains de principes ! Tu peux te les carrer là où je pense ! Je t’emmerde !

— Maxence !

— Tu sais quoi ! J’avais accepté que le seul et unique point d’intersection de ma vie serait avec toi, mais j’ai eu tort. Tu viens de le briser en nous séparant.

— Max !

— C’est bon ! Je me casse ! Dis à maman que je prends le bus !

Même après cette conversation, Adam ne lui dirait pas les mots qu’il mourrait d’envie d’entendre.

 

18 / 11 / 2009

Je sais que j’aurais dû lui dire, j’aurai dû tout lui avouer. Ce n’était pourtant qu’une surprise, rien d’autre. Je ne pensais pas que cela mettrait Maxence autant en colère. J’ai essayé de contrôler la situation mais, avec lui, je n’ai rien maîtrisé du tout. En fait, je n’ai rien compris. Ne sait-il pas que je l’aime après tous les moments qu’on a passés ensemble ? Et puis, venir jusqu’ici parce que je ne lui ai pas dit que je m’absentais juste deux soirs… Bon, ok, oui j’ai merdé ! Mais était-ce une raison valable pour me hurler dessus ?

Ce qui m’a fait mal, ce sont ces mots « son propre frère » ! Comment ose-t-il me hurler ça ? Je l’aime et ça peut paraître totalement dingue, mais je me sens largué avec lui. D’ailleurs, je n’ai pas compris son point d’intersection ? Bref, ce soir, j’attendrais sur Messenger et je lui avouerai que je lui préparai un cadeau et j’ajouterai que je l’aime de tout mon cœur… après tout, ça ne va pas me tuer… A.P.

 

 

Chapitre 10 : Hier et demain

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