Grimoire – Chp 8

Chapitre 8 : Si loin et si près

 

 

À quelques jours de la rentrée des classes, Maxence découvrit un matin, un sac de voyage préparé devant la porte d’entrée. Étonné de reconnaître celui d’Adam, il trouva celui-ci en pleine discussion avec sa mère. Il fit à peine un pas dans leur direction que l’aîné quitta la pièce sans lui jeter un regard. Son attitude le blessa.

— Est-ce qu’Adam part quelque part ? demanda-t-il timidement à Hélène.

— Il ne t’a rien dit ? Tiens, c’est bizarre, lui répondit-elle en grimaçant, il étudie au même lycée que Thomas et…

— Depuis quand l’a-t-il décidé ? la coupa-t-il, ce n’est pas un bac commercial qu’il veut faire ? Il aurait pu aller dans le même que le mien ? Et, pourquoi partir ?

Maxence s’arrêta et déglutit en comprenant qu’il était la cause de ce départ.

— C’est encore moi ? C’est encore de ma faute !

Il quitta la cuisine et s’enferma dans sa chambre. Il ragea contre Adam. Celui-ci partait et l’abandonnait en le laissant une nouvelle fois seul.

Quand des coups résonnèrent à sa porte et qu’elle s’ouvrit sur la personne en question, Maxence détailla Adam quelques secondes tout en contenant sa colère. Il avait réellement cru que toute leur mésentente était du passé et, qu’ensemble, ils pourraient retrouver leur complicité d’autrefois, mais aujourd’hui, il devait admettre que rien n’avait vraiment changé.

Cela n’aurait tenu que de lui, Maxence se serait jeté sur lui, la peur au ventre de ne plus jamais le revoir et lui dire combien il était le plus grand des crétins. Il lui aurait hurlé sa peine et crié sa trahison de le fuir à nouveau ! Mais, il ne ferait rien parce qu’il ressentait effroyablement cette distance comme une punition. Adam lui en voulait pour une raison inconnue et, avant d’agir comme ce dernier, il avait besoin de temps pour se retrouver et comprendre ce qui se passait à l’intérieur de lui.

Il n’était pas certain que ses sentiments soient de l’amour. Lui qui était encore jeune et n’était jamais réellement tombé amoureux, pouvait-il croire qu’à son âge, il trouverait la personne qui partagerait sa vie ? Et surtout, pouvait-il accepter de perdre de vue la seule personne qu’il tentait de garder près de lui ? Son cerveau bouillait et tout ce qu’il fit fut de le regarder.

— Je ne voulais pas partir sans te dire au revoir, lui murmura Adam. Je reviendrais…

— Bien ! le coupa-t-il rageusement, on se verra quoi ! Pendant les vacances ! Parfait ! De toute façon, qu’est-ce que je suis pour toi ! Un boulet qui te pourrit la vie ! C’est ça ! Casse-toi et ne reviens plus me voir !

Il était tellement hors de lui qu’il partit en courant pour dissimuler ses larmes de déceptions. Il détestait cet Adam ! Celui qui arrivait toujours à faire de lui le petit garçon de onze ans. Jamais, son aîné ne resterait pour lui. Il avait bien compris que plus rien ne les rapprocherait, alors la vieille douleur qu’il avait réussi à enfouir au fond de lui revint le tirailler.

 

3 / 09 / 2008

Je suis arrivé au pensionnat ce soir. J’ai encore fui comme le dirait si bien Gauthier. Que pouvais-je faire ? Plus je le vois et plus, je… Bref, je ne dois plus penser à lui. A.P.

2 / 10 / 2008

Il me manque tant. Gauthier me dit qu’il ne va pas bien, mais il ne sait pas ce qu’il a. J’aimerais pouvoir le consoler mais si je le vois. Non, je ne devrais pas. A.P.

☆☆☆

 

Les mois passèrent et Maxence essayait d’accepter la situation, même si Adam lui manquait. La présence de William et de Viviane qui tentaient de lui remonter le moral n’atténua pas sa douleur. Il n’avait plus le goût à rien puis, un jour de décembre, son corps n’en pouvait plus. Il resta au lit, malade.

Adam avait quitté la maison en emportant une part de lui. Si la douleur de cette séparation le faisait autant souffrir, qu’avait-il à perdre en lui avouant qu’il aimait être près de lui ? « Aimer, c’est de se sentir mourir quand elle n’est pas là… ». En se rappelant de ces mots, il finit par éclater en sanglots. Maxence ne pouvait plus se mentir : il l’aimait. Il avait si peur d’être à nouveau rejeté qu’il s’était focalisé sur leur complicité inexistante.

— Maxence ? l’appela Morgane qui entra puis déposa un plateau sur son bureau.

Il sécha ses larmes et la regarda s’asseoir au bord de son lit.

— Maxence ? Je n’aime pas te savoir triste, dis-moi ce qui ne va pas ?

Cette dernière était toujours là pour lui, même si elle avait tenté à plusieurs reprises de lui tirer les vers du nez.

— C’est à propos d’Adam ? Pourquoi ne l’appelles-tu pas ?

Il secoua la tête sans retenir ses larmes.

— Maxence, ce n’est pas en restant dans ton lit qu’il saura que tu l’aimes ! lui dit-elle avec un peu plus de force.

À ces mots, il la fixa quelques secondes le temps de rembobiner la phrase.

— Ce n’est pas si compliqué, bredouilla son amie, tu es comme ça depuis qu’il est parti et, quand on te parle de lui, tu te braques. Lorsqu’on était ensemble, je me souviens de ses regards sur toi, mais je n’aurais jamais pensé que tu serais amoureux de lui…

Elle se leva et l’intima à faire de même. Il n’avait pas besoin de rétorquer. Elle avait raison, il était amoureux.

— Si tu l’aimes, tu dois le lui dire, fais-lui comprendre que tu veux absolument le voir.

— Et s’il ne m’aime pas ? la coupa-t-il inquiet.

— Alors, tu sauras au moins où tu en es. Je ne te cache pas que ce sera douloureux Max, mais tu dois passer par là si tu veux avancer.

— Je vais attendre qu’il rentre à la maison.

— T’en es sûr ?

— Oui, sourit-il. Merci, Morgane.

Maxence se posa devant son bureau et mangea sous l’œil attentif de son amie. Peut-être, pouvait-il croire qu’Adam s’était éloigné de lui parce qu’il l’aimait aussi ?

 

15 / 11 / 2008

Aujourd’hui, je me suis battu avec un connard de ma classe, tout ça parce qu’il n’arrêtait pas de me faire des avances que j’ai refusées plusieurs fois et, gentiment s’il te plaît ! Il ose me cracher dessus que vu mon caractère de chien que je resterais seul toute ma saloperie de vie ! Ça a été la goutte d’eau ! Je me suis jeté sur lui parce que oui, jamais Maxence ne m’aimera, jamais il ne sera à mes côtés et ça ! Ben ça m’a mis en rogne !

Heureusement que Thomas était là et m’a calmé parce que j’avais envie de lui défigurer la gueule ! J’ai encore si mal que j’ai envie de hurler ! Je déteste d’être ce que je suis ! Je déteste ma putain de vie ! Et, Maxence ne devrait plus compter, j’aurais dû l’effacer de ma mémoire depuis longtemps, mais je n’y arrive pas. A.P.

20 / 12 / 2008

Gauthier m’a appelé ce matin pour me dire que Maxence ne mangeait plus. J’ai envie de le voir et de le consoler, mais je ne peux pas, c’est au-dessus de mes forces. J’ai l’impression de brûler de l’intérieur tant il me manque. Après j’ai eu William et ce soir, c’est Thomas qui s’y met ! Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à me parler de MAXENCE! J’en peux plus ! A.P.

☆☆☆

 

Maxence reprit, petit à petit, un peu de force. Malgré l’absence d’Adam qui le pesait, il espéra que celui-ci viendrait pour Noël. Ce qui ne fut pas le cas puisqu’il reçut une carte de sa part.

 

Maxence,

Je te souhaite un joyeux Noël.

Et même si je ne suis pas là, je ne pense pas te manquer…

Tu as tes frères avec toi pour passer cette fête…

Alors passe un bon réveillon avec eux.

Inutile de m’attendre pour le nouvel an…

Maxence, je ne viendrais pas avant les vacances d’été.

Et fais bien attention à toi…

Rien ne me ferait plus plaisir que de te voir heureux

Alors soit juste toi-même…

Inutile que je te demande de faire attention à toi…

Sans trop insister.

Pourtant, je sais que tu es grand.

Or j’ai toujours envie de te voir encore comme un enfant.

Un jour, peut-être…

Rirons-nous de mes conneries.

Tiens d’ailleurs, en parlant de ça,

Oublie pas que je ne te déteste pas.

Un jour, je t’expliquerais…

Je sais que j’ai été trop con.

Oserai-je refuser notre amitié ?

Un jour, tu me comprendras…

Rien ne peut sortir de ma bouche…

Seulement laisse-moi du temps.

A.P

 

Maxence, déçu, partit faire un tour en ville avec Morgane, William et Viviane. Il les écoutait, participant peu à leur conversation. Ils s’installèrent dans un bar qui se trouvait juste en face du magasin de Gabriel. Était-ce un hasard ou le destin ? Peu importait, il s’excusa et les quitta un instant pour aller le voir. Cela était sans compter son amie Morgane qui l’accompagna jusqu’à l’entrée.

— Pourquoi vas-tu dans cette ruine ? lui demanda-t-elle alors qu’il ne comprenait pas son regard interrogateur.

— S’il te plaît, retourne vers les tourtereaux, je n’en ai pas pour longtemps, la pria-t-il en poussant la porte.

— Hé, bonjour, jeune homme.

— Je peux vous poser une question ? demanda-t-il en jetant un œil à la vitrine où il put voir son amie traverser la route.

— Attends, moi aussi j’en ai une pour toi. Te souviens-tu de ce que je t’avais demandé d’écrire sur l’avant-dernière page du grimoire avant de l’offrir ?

Il fronça les sourcils car cela lui était étrangement sorti de la mémoire. En se rappelant exactement des mots qu’il y avait couchés, il hocha la tête, les joues empourprées.

— Alors, cela devrait t’aider, lui dit Gabriel.

— M’aider à quoi ?

— Pour que tu trouves ton chemin, le point exact où tout doit commencer.

Maxence médita ces paroles pendant que le vendeur lui tendit une carte de visite où étaient affichés le nom du magasin et l’image du grimoire.

— Il n’y a qu’une seule intersection, murmura-t-il en réfléchissant, parce qu’à ce point précis d’où les lignes se croisent, je dois décider…

— Là, l’interrompit Gabriel, tu es prêt mon garçon. Elle représente ta vie et celle de la personne que tu aimes.

Maxence, content d’en avoir appris un peu plus, ressortit le cœur léger. Il avait une décision à prendre et était confiant sur ce qu’il ressentait pour Adam.

 

De retour dans sa chambre, Maxence qui avait mangé en ville avec ses amis regarda Morgane s’asseoir au bord de son lit. Durant tout le trajet du bus, elle n’avait pas cessé de le dévisager comme s’il avait un bouton sur le nez.

— Quoi ? lâcha-t-il en triturant un stylo entre ses mains nerveuses.

— À qui parlais-tu dans ce magasin en ruine ?

— Ce n’est pas une ruine, râla-t-il en ne comprenant pas où elle voulait en venir, le magasin est très beau ! Et, le propriétaire, Gabriel Kanan est quelqu’un de bien.

— Okay, c’est toi qui le dis.

Elle lui demanda ensuite, l’air de rien, s’il avait eu des nouvelles d’Adam. À cette question, il lui tendit seulement la dernière carte qu’il avait reçue.

— Tu devrais lui répondre et, dit-elle en changeant de ton, tu ne la trouves pas bizarre ? Il se répète sur « attention à toi », et on ne dit pas « oublie pas » mais « N’oublie pas » et…

— Je ne sais pas, la coupa-t-il en haussant les épaules. Je préfère qu’il soit à la maison pour lui parler.

Maxence ne voulait plus en discuter. Il avait vraiment envie de le revoir et, bien qu’il se donnait du courage pour un jour l’affronter, il ne souhaitait pas faire les choses à moitié. Il admettait qu’il s’était voilé la face en refusant de croire qu’il était tombé amoureux de lui. Si Morgane s’en n’était pas rendu compte ou ne lui aurait rien dit, il aurait continué à se le cacher.

Il s’allongea sur son lit et son amie s’étendit à ses côtés. Lorsqu’il ferma ses yeux, il pensa immédiatement à Adam. Si avoir le cœur qui tambourine dans la poitrine était l’un des symptômes de l’amour, alors il devait le lui faire savoir, quitte à ce qu’il se soit trompé.

 

30 / 12 / 2008

J’ai voulu faire la surprise pour le nouvel an et, c’est moi qui ai été surpris. Pourquoi suis-je donc revenu ? Pourquoi j’ai été assez bête de croire que je pouvais lui manquer alors qu’il est avec Morgane ! Suis-je si désespéré que ça, pour avoir cru un instant que je comptais pour Maxence ! Je suis vraiment trop con ! Putain, j’y ai cru ! J’ai vraiment cru de tout mon cœur que Maxence m’aimerait. Je dois arrêter de rêver et de le voir.

Tu sais, je réalise que même si je pleure, même si je hurle ma douleur, jamais personne ne comblera mes bras. Peu importe ce que mon cœur désire, je ne peux pas forcer quelqu’un à m’aimer ! Peu importe ce que je ressens pour lui, il ne me verra jamais comme je l’aurais voulu. Peu importe ce que cela me fasse, tant que Maxence est heureux, c’est le principal, mais je dois vivre loin de lui. L’amour : on a beau dire que ce n’est qu’un truc de filles, mais un vieux monsieur à la gare routière m’a dit une chose qui m’a marqué.

Il m’a dit : « quand un garçon tombe amoureux, il se donnera toujours à fond parce que l’amour qu’il offrira est unique ». Il n’a pas tort quand j’y réfléchis. J’aime Maxence à en crever. Je l’aime tellement que j’ai envie de tout foutre en l’air. Des fois, il m’arrive de détester Pierre pour m’avoir fait ouvrir les yeux ! J’aurais préféré ne jamais tomber amoureux parce que ça fait horriblement mal. Mais, Gabriel (c’est le nom du vieux monsieur) m’a dit de ne pas arrêter de rêver.

« Sans les rêves, il n’y a pas d’espoir et, sans espoir, il n’y a plus rien qui nous retient. » Bien sûr, je peux encore rêver ! En rentrant, j’ai tellement espéré que j’ai maintenant le cœur en mille morceaux ! Quand j’ai vu Maxence dans les bras de son amie, j’ai su que les rêves, ce n’était que pour les gamins ! Parce que, jamais, je ne serais avec lui. Je ne survivrais pas.

Pourquoi ça me fait si mal ! Je déteste ces sensations qui s’emparent de moi ! Pourquoi ne puis-je pas aimer quelqu’un d’autre ? Foutue vie sentimentale toute bancale ! C’est injuste ! On devrait avoir le choix de ne plus aimer quand on veut ! Le cœur ne sert à rien dans ces conditions ! Et ce foutu vieux monsieur avait réussi à me faire rêver quelques minutes ! A.P.

☆☆☆

 

Le lendemain, Morgane repartit très vite lorsqu’elle sut par la mère de Maxence qu’Adam était revenu au milieu de la nuit. Il était temps que ces deux abrutis se retrouvent. En attendant, elle était intriguée par le magasin délabré. Elle décida d’aller faire un tour à la bibliothèque municipale. Là-bas, peut-être, aurait-elle des infos sur ce soi-disant Gabriel Kanan. Contrairement à son ami qui semblait bizarrement le voir, elle l’avait plutôt vu discuter dans le vide.

 

Maxence se leva, le cœur lourd. Il se posta devant sa fenêtre et contempla la neige. Cette année le paysage semblait aussi triste que son esprit. Il repensa à ce qu’il se disait à une même période. Il avait cru, en ayant quatorze ans, qu’il comprendrait le rejet d’Adam, mais presque deux années après, il n’avait toujours pas la réponse.

Du bruit provenant de la chambre voisine attira son attention. Son cœur cogna dans sa poitrine avant qu’il ne sorte de la sienne pour pousser la porte sans prévenir. Maxence, le souffle coupé, se trouva face à l’objet de ses pensées.

— Adam !

Il n’aurait pas cru être aussi heureux que ce matin. N’osant plus bouger, il l’écouta lui chuchoter un bonjour, puis son excitation du moment s’évanouit en voyant Adam qui remplissait le sac de voyage.

— Pourquoi. Pourquoi tu le refais ? demanda-t-il d’une voix blanche.

— Je repars tout à l’heure, lui répondit-il sans le regarder.

— Pourquoi ?

Il s’avança près d’Adam et ce dernier recula en détournant ses yeux marins vers le sol.

— Écoute Maxence…

— Pourquoi revenir, si ce n’est que pour repartir ? Tu recommences ! Voilà ce que tu fais ! Tu me quittes ! Tu m’abandonnes ! Qu’est-ce que je t’ai fait ! Pourquoi ?

Adam était trop déprimé pour affronter son cadet. Maxence était tout ce qu’il désirait et de devoir se retrouver face à lui était une torture. Devant son désarroi, il aurait voulu le serrer tout contre lui, mais il devait rester lucide. La colère de Maxence était celle d’un petit frère et cela, il ne le supportait pas. Alors, il prit sur lui la boule qui noua sa gorge et lui planta un regard sombre.

— Arrête de me crier dessus ! brailla-t-il en croisant ses yeux humides. Je ne suis pas sourd ! Je m’en vais, point ! Que veux-tu que je te dise ?

Adam devait en passer par là s’il voulait repartir sans aucun regret et tourner un pan de sa vie.

— Je te l’ai déjà dit Maxence, tu ne seras jamais rien à mes yeux…

Il eut à peine le temps de finir sa phrase qu’un claquement résonna dans toute la pièce. Adam, étonné par ce revirement, posa une main là où Maxence venait de le gifler. Il ne l’avait jamais vu dans cet état de rage contre lui. Son cadet pleurait à s’en couper le souffle et les larmes qui coulaient le long de ses joues tombaient littéralement jusqu’au plancher.

— Comment oses-tu me dire ça après tout ce que j’ai traversé à cause de toi ? J’ai cru que… je comptais pour toi…

Maxence, le cœur déchiré, le regardait en hoquetant. Ce n’était pas tant la colère qui le maintenait si fébrilement, mais la distance qui existait encore entre eux.

— Merde ! bredouilla-t-il en se jetant tout contre Adam, tu me manques ! Tu me manques. Je veux que tu restes avec moi, j’ai envie d’être avec toi…

La tête contre le torse de son aîné, Maxence écouta les battements de cœur de celui-ci trépider comme une berceuse. Il ferma ses yeux, renifla en s’imprégnant de sa chaleur et glissa timidement ses bras autour de la taille d’Adam.

— Reste pour moi, le supplia-t-il en l’étreignant très fort.

Adam préféra ne plus réfléchir. Il avait tellement de fois rêvé de ce moment qu’il l’enlaça à son tour et pleura en silence. Il s’essuya rapidement les yeux, recula légèrement son torse pour accéder au visage de Maxence et effaça aussi ses larmes.

À travers ce geste, son cœur palpitait si vite qu’il peinait à réaliser qu’il avait dans ses bras celui qu’il désirait depuis toujours. Il plongea son regard dans le sien et y lut de la tendresse. Maxence avait le don de le déstabiliser, car jamais son corps n’avait autant tremblé que ce jour. Son regard était doux et savait le désarmer. Il vacilla soudainement lorsque Maxence pressa ses lèvres contre les siennes et l’entraina dans sa chute, tombant dos au matelas.

Maxence, au-dessus du corps d’Adam, se pencha et l’embrassa doucement avant que celui-ci ne l’invite à un doux baiser. Plusieurs vagues de frissons parcoururent son dos pendant que les mains d’Adam le caressèrent. C’était dans ses bras qu’il se sentait vivre et c’était aussi à cette intersection de son existence qu’il avait choisie de lui montrer son amour. D’un coup de bassin, son aîné retourna la situation pour se retrouver au-dessus de lui. Maxence le regarda, soulagé de voir qu’Adam était là, les joues empourprées et les lèvres gonflées par leurs premiers baisers.

Adam, le corps embrasé sous le poids de son cadet, abandonna toute notion de la réalité pour vivre intensément cet instant magique. Il posa une main possessive sur la nuque de Maxence en approchant lentement ses lèvres de son visage. Le défiant avec amusement, il aperçut sa langue qui semblait impatiente de jouer avec la sienne. Un rire échappa de sa gorge lorsque la main de ce dernier le força à l’embrasser.

Maxence en voulait plus, il exigeait de le sentir encore davantage contre sa peau. Le regard enflammé d’Adam lui donna l’autorisation d’aller plus loin. Ils s’écartèrent sans dire un mot et se déshabillèrent jusqu’à se retrouver nus tous les deux.

Adam, le souffle court et le corps excité, s’allongea, enlaça Maxence et l’embrassa avec passion. Ils partirent timidement à la découverte de leur corps. Les caresses et les râles de plaisirs les excitèrent, augmentant significativement la chaleur qui les consumait de l’intérieur. Des milliers de papillons dansèrent au bas de leur ventre, les poussant à gémir et à entremêler les jambes entre elles.

— Maxence ! haleta subitement Adam en sentant des mains happer fermement ses fesses, collant ainsi son bassin au sien.

— Je veux juste… que tu me touches… te sentir… lui susurra son cadet pour le rassurer.

Maxence s’écarta un peu de lui et empoigna la main d’Adam qu’il porta audacieusement sur son membre dur. Il laissa échapper un son rauque quand celui-ci le masturba tout en approfondissant leur baiser. C’était si bon qu’il partagea ce plaisir en saisissant la virilité d’Adam et commença les mouvements de va-et-vient.

Sans se lâcher des lèvres, ils gémirent à travers leurs baisers, accélérant mutuellement la cadence. Les papillons aux creux de leur ventre étaient au bord de la rupture. Leur corps se crispa d’excitation et leur respiration se saccada jusqu’à ce qu’ils rendent les armes en hurlant de plaisir.

Chapitre 9 : Au jour, le jour

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