Grimoire – Chp 13

Chapitre 13 : Hors du temps

 

 

Deux jours plus tard, Adam et Maxence arrivaient au chalet de la Rose dorée. Après un long trajet, ils découvrirent le lieu. C’était ici que Hugo et Hélène Pratier s’étaient réfugiés lorsqu’ils avaient décidé de reprendre leur couple en main après leur divorce. Aucun des deux jeunes hommes n’avait relevé cette dissimulation. Les adultes avaient le droit d’avoir leurs jardins secrets.

Ces derniers leur avaient fait la surprise le soir du mariage. Ils leur avaient préparé le chalet pour une semaine en amoureux. Situé à trois heures de chez eux, l’endroit était à l’image d’un paradis que le jeune couple avait hâte de découvrir. Un grand lac bordé d’une forêt dense se trouvait à une vingtaine de pas et le mélange des couleurs de la nature leur offrait un magnifique paysage.

Main dans la main, ils pénétrèrent dans le chalet. La décoration, sur un fond de boiserie, donnait l’impression à Maxence d’y être déjà venu. Le doux parfum de lilas qui embaumait l’entrée réveilla en lui de vieux souvenirs qu’il avait du mal à se rappeler.

— Maman m’a dit qu’on s’était rencontré ici la première fois, lui murmura Adam.

— C’est vrai ? Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?

— Ça m’était sorti de la tête, sourit son époux. Je devais avoir 6 ans et toi, 3.

— On était très jeune, répondit Maxence en s’approchant de la table basse garnie d’un panier de bienvenue.

Il sourcilla en apercevant une cassette vidéo.

— Je ne savais pas qu’il en existait encore, reprit-il, il faut croire que les parents aiment bien nous surprendre.

Les bras de son mari l’enlacèrent et Maxence pivota sur lui-même. Il sourit, le cœur palpitant et embrassa Adam.

— Inaugurons notre arrivée, mon ange, le taquina celui-ci.

— Bonne idée, mon beau.

L’étreinte se resserra brusquement autour de sa taille. Le bassin de son aîné se colla au sien, le poussant à gémir de satisfaction. Maxence, totalement conquis, se retrouva sans trop vraiment réfléchir les genoux à terre et les mains sur le siège du canapé. Le short et le boxer descendus aux cuisses, le sexe d’Adam se plaqua durement entre ses fesses pendant que des lèvres brûlantes déposèrent une multitude de baisers humides contre sa nuque.

Une rafale de frissons se déchaina en lui. Maxence, excité, ôta rapidement son haut, laissant les mains de son époux glisser le long de sa peau. Il tourna légèrement son visage, ferma ses yeux et l’embrassa. Chaque caresse que lui offrait Adam était un délice. Il avait l’impression de le sentir tout autour de lui, comme si tous les deux ne formaient plus qu’une seule et unique personne.

Il gémit soudainement de frustration lorsque son mari s’écarta pour récupérer le tube de lubrifiant dans la valise. L’excitation revint le tirailler quand des mains relevèrent subitement ses fesses et le forcèrent à se cambrer. Adam donna des coups de langue, allant de ses testicules à son entrée. Il devenait fou. Ce n’était que de la torture. Ses bras tremblèrent et son cœur tambourina dans la poitrine. Il n’était plus que gémissements au moment où des doigts enduits le pénétrèrent dans un mouvement de va-et-vient. Son souffle se saccada et, le front posé sur le canapé, il lâcha des mots indécents tant cela était bon. À ce rythme, il allait jouir avant lui.

— Oh mon Dieu ! gémit-il alors qu’Adam s’enfouit en lui. Argh ! Putain ! Plus vite !

Un cri de plaisir le coupa dans son élan. Maxence, la respiration entrecoupée, le supplia de le posséder comme jamais il ne l’avait rêvé. Il entoura son propre sexe d’une main tremblante et reçut des coups de reins qui l’envoyèrent inexorablement en pleine perdition. La prise d’Adam sur ses hanches se resserra contre sa chair et Maxence hurla de plaisir.

— Je vais… jouir… Adam !

À peine les mots franchis sa bouche qu’un courant brûlant au bas de son ventre enflamma ses reins. Sa respiration se coupa, libérant son sperme de plusieurs jets contre le plancher. Son mari grogna à ses oreilles et se déversa en lui. Maxence, essoufflé et perdu entre deux voiles opalins, s’avachit de tout son poids sur le sol.

— C’était bon, marmonna-t-il d’une voix vibrante de plénitude.

— Tu as aimé, mon ange ? le taquina Adam en déposant des baisers papillon sur son visage rougi.

Pour toute réponse, Maxence glissa ses doigts dans la chevelure blonde de son mari et l’obligea à l’embrasser. Chaque baiser avait un goût de paradis. Adam avait complètement bouleversé sa vie le jour où il avait commencé à ressentir des sentiments pour lui. Les paupières closes et le cœur heureux, il lui arrivait de repenser à toutes ces premières années passées avec lui. Quelles étaient les chances pour qu’il tombe amoureux de cet idiot ?

☆☆☆

 

Tard le soir, le couple, vêtu d’un simple boxer, alluma la télévision pour visionner la cassette. Maxence, assis entre les cuisses de son mari, colla son dos au torse de ce dernier. Adam l’enlaça et appuya sur play. Ils regardèrent le film en sentant mutuellement leur cœur battre à vive allure. Ils y voyaient leurs pères respectifs qui riaient aux éclats. Ils les découvraient en images, adolescents et liés d’une complicité insoupçonnée.

Adam resserra son étreinte autour de la taille de Maxence. Il avait du mal à croire que ce blond pouvait être son père. Il paraissait si plein de vie sur la vidéo qu’il se demandait ce qui avait pu rendre son regard monotone.

— Anthony ! Lâche la cam’ et vient nager avec moi ! hurla la voix d’Hugo.

Maxence, les yeux brillants, regardait son père qui devait sûrement avoir seize ans. Il aurait aimé le connaître davantage.

— Tu n’as jamais remarqué que papa ne nous a jamais parlé d’Anthony, murmura Adam à son oreille.

Maxence se tourna vers son mari et se lova contre son corps.

— Je sais que ton père est parfois difficile à cerner, répondit-il en essuyant ses larmes, mais je suis certain qu’il a ses raisons.

— Comment fais-tu mon ange pour être tellement ouvert avec lui ? demanda Adam. J’ai l’impression que, quand mon père te regarde, il cache de vieux secrets.

Maxence pleura en silence. Ce n’était pas la douleur ou l’absence de ses parents qui le rendait triste, mais celle que Hugo semblait leur dissimuler. Il savait qu’il y avait un lien avec Gabriel Kanan. Il avait fait des recherches avec Morgane et n’en avait pas parlé avec Adam. Il se disait que cela était le passé de leurs pères et que si Hugo ne paraissait pas vouloir leur en dire plus, cela ne devait pas les concerner.

— Tu sais, reprit Maxence en calant une joue humide contre son épaule, c’est grâce à leur amitié que je t’ai dans ma vie. Qui sait ce qu’on aurait été l’un pour l’autre si on ne s’était jamais rencontré ?

Hugo était un homme brisé et secret. Maxence n’en doutait plus. À travers ce court petit film, il voyait des regards échangés qui en disaient long sur leur profonde complicité. Peut-être, devrait-il un jour avec Adam, tentait d’en discuter comme des adultes avec Hugo ? Ils avaient tous les deux grandis et, sûrement était-il temps que celui-ci se libère d’un poids ?

— Tu as raison, mon ange, lui souffla Adam.

Maxence sourit et l’agrippa par la nuque. Il l’embrassa en y mettant tout son amour, car dans son malheur, il avait trouvé le bonheur.

☆☆☆

 

Le lendemain midi, pendant qu’Adam était parti au marché local, Maxence venait de sortir de la douche. Il quitta la pièce et se dirigea vers leur chambre, située au bout du couloir. Il s’habilla rapidement d’un short noir et d’un T-shirt rouge avant de visiter les lieux. La veille, trop heureux d’être seul avec son mari, il n’avait vu que le salon et la cuisine.

Lorsqu’il franchit la porte de sa chambre, il en compta trois autres sur sa gauche. Il poursuivit son inspection et découvrit sur la droite une salle qui, contrairement au petit salon de l’entrée, était aussi grande que les trois chambres réunies. Quatre canapés recouverts de draps blancs délimitaient la moitié de la pièce autour d’une longue table basse.

De l’autre côté, un coin salle à manger semblait pouvoir accueillir une dizaine personnes. Maxence ouvrit les pans des rideaux dans l’intention de visualiser les cadres qui habillaient les murs. Il remarqua que c’était la seule pièce qui en possédait.

Son regard s’attarda sur une grande photo mise en valeur sur une commode. Son cœur palpita lorsqu’il reconnut Hugo et son père. Quant aux deux autres jeunes hommes qui les accompagnaient, il ne les avait jamais vus. Toutefois il était certain qu’il devait s’agir de la fameuse bande des trois mousquetaires. Hugo avait un bras autour du cou de son père et les deux autres se tiraient la langue en grimaçant.

Il fronça subitement ses sourcils, l’un d’eux ressemblait curieusement à Yvain, le jeune homme qui avait acheté le grimoire. Était-ce le père de celui-ci ? Il y avait soudainement dans l’air un vent frais qui lui glaça le sang. Il secoua la tête en se disant que tout cela commençait à devenir un peu dingue.

Le bruit d’un moteur lui indiqua le retour de son mari. Il sortit immédiatement de la pièce, courut comme un dératé jusqu’au-dehors et lui sauta dessus en enroulant ses jambes autour de la taille.

— Je t’aime ! s’écria-t-il.

Adam éclata de rire et s’adossa contre la portière du véhicule.

— Je t’ai manqué ? rit ce dernier en l’étreignant à son tour.

— Ouai ! Et, je compte pleinement profiter de cette semaine pour te faire plein de trucs peu catholiques…

— Hum, j’adore ton idée ! gloussa l’aîné en déposant ses lèvres contre les siennes.

— Pardon, les interrompit un homme qui essayait de rattraper un garçon. Édouard !

Maxence s’écarta de son mari et sourit en reconnaissant le propriétaire du bar d’en face leur boutique.

— Édouard ! reprit l’arrivant.

— Papa ! s’exclama le blondinet de huit ans en s’arrêtant devant lui, je t’avais dit que c’était Max et Adam !

— Bonjour Paul-Alexy ! le salua Maxence en souriant.

— Bonjour, les garçons. Hugo m’avait dit que vous passeriez votre semaine au chalet.

— Comment ça ? demanda curieusement Adam.

— Il est passé me voir quelques jours avant votre mariage.

— D’accord, répondit Maxence.

— Je ne savais pas que vous étiez amis ? le questionna Adam. Je savais qu’il passait boire de temps en temps un café chez vous.

— Oh, non, nous ne sommes pas à proprement parler amis, mais juste des connaissances.

Maxence et son mari les invitèrent à boire une limonade. Pendant qu’Adam resta avec le garçon, Paul-Alexy lui tint compagnie. Il ouvrit la fenêtre de la cuisine et regarda son époux s’amuser avec Édouard.

— Je suis content de pouvoir discuter avec toi, murmura l’invité en le faisant tressaillir.

— Pourquoi ?

— Tu es souvent entouré et, bien que nous soyons voisins dans le quartier des commerces, j’ai toujours espéré pouvoir te parler de ton père.

Maxence, le cœur palpitant d’angoisse, recula de quelques pas. Depuis quatre ans qu’il le côtoyait sans réellement le connaître, celui-ci commença à lui faire peur. Pourtant, il ne devait pas le craindre, Paul-Alexy semblait être un honnête homme qui tenait très bien son bar-restaurant.

— P’pa ! s’écria Édouard en se jetant tout contre son interlocuteur, je veux boire moi ! S’il te plaît !

Maxence profita de ce moment pour pivoter, remplir un verre de limonade et tenter de reprendre un peu contenance. Il n’aurait jamais cru rencontrer quelqu’un qui en saurait un peu sur Anthony en dehors de ses parents d’adoption. Il fronça tout de même les sourcils en se demandant pourquoi cet homme ne le lui avait pas proposé cela plus tôt. Il était certes souvent avec Adam, mais il lui arrivait d’être seul au magasin.

— Tiens, dit-il à l’enfant en lui tendant le verre.

— M’ci, Max !

Adam arriva à cette seconde au pas de l’entrée de la cuisine, une main contre la poitrine et la seconde sur un genou, exténué.

— Il court vite ce diable, s’époumona son mari en se redressant.

Édouard, le sourire jusqu’aux oreilles, éclata de rire avant de repartir dehors. Maxence sourit et les suivit du regard jusqu’à ce que son champ de vision soit coupé par les murs du salon.

— Pourquoi maintenant ? demanda-t-il à Paul-Alexy. Vous auriez pu me parler plus tôt au magasin.

— Parce qu’il fallait que le grimoire ne soit plus en votre possession.

— Oh, alors vous êtes au courant ?

— Oui et non. J’ai été spectateur de certaines choses et je fais amende honorable en veillant sur vous.

— Mais pourquoi ne pas en parler un soir avec mon mari ?

Maxence le vit observer Adam un instant. Lorsque Paul-Alexy tourna son visage vers le sien, un frisson parcourut son dos et cela lui donna la chair de poule.

— Tu sais, j’étais là quand Hugo t’a laissé entrer la première fois dans le magasin de Gabriel.

— Vous, bredouilla-t-il. Vous voulez dire quand j’avais onze ans ?

— Oui.

— Vous connaissiez la bande d’amis que formait mon père avec celui d’Adam ?

— Comme je te l’ai dit, nous n’étions pas vraiment des amis.

— Ah, d’accord, soupira-t-il, l’espoir quittant son cœur.

— Tu lui ressembles. À Anthony.

Maxence le fixa, le cœur palpitant.

— Pourquoi est-il parti de la ville ? demanda-t-il.

— Je ne peux rien te dire Maxence.

— Mais…

— Je t’ai vu avec ton amie. Je sais que tu cherches des réponses sur Gabriel. Ce n’est pas à toi de le faire. Tout le monde joue un rôle et je dois respecter le mien.

— Hein ? Je ne comprends pas ? Pourquoi ?

— Ce n’est pas pour quoi, mais pour qui ?

— Pour qui alors ?

— D’Artagnan.

— Qui est-il ?

— Celui par qui le pacte a commencé.

Maxence le dévisagea. Il ne comprenait rien à ses énigmes. Il parlait un peu comme Gabriel avec son histoire d’intersection et cela commença à l’énerver. Tous ces secrets n’avaient aucun sens.

— Si vous n’avez rien d’autre à me dire ! Je vous prierai de partir, je…

— Max, le coupa-t-il en posant les mains sur ses épaules. Si je te le dis, je peux te mettre en danger.

— Mais, c’est quoi ce pacte ? Vous pouvez au moins me le dire ?

Paul-Alexy parut hésiter un instant, puis celui-ci s’éloigna de quelques pas et se tourna vers la fenêtre.

— Ton père, lui dit-il, Hugo et ses deux autres amis sont liés par un pacte. Je ne te parle pas de sorcellerie ou de magie, mais de quelque chose de bien plus fort.

— Quoi ?

— L’amour, Maxence, lui répondit-il en pivotant vers lui. Tout ce qui t’est arrivé jusqu’à aujourd’hui n’est pas un hasard.

— Je ne comprends pas, marmonna-t-il le cœur battant de peur.

— Par amour pour vous, ses quatre amis ont dû faire un sacrifice.

Maxence sentit ses lèvres vibrer l’une contre l’autre.

— Et si je n’en parle pas avec Adam, poursuivit l’homme, c’est parce qu’il doit le faire avec son père.

— Pourquoi ? s’inquiéta-t-il.

— Il est le dernier.

— Le dernier à quoi ?

— De la bande à devoir se sacrifier.

Il eut soudainement le vertige. Anthony était-il mort pour lui ? Cela faisait-il partie d’un plan ?

— S’il y a une chose que je peux te dire, Maxence. C’est qu’Anthony avait de la chance d’avoir Hugo…

Son interlocuteur se tut et regarda sa montre. Il s’excusa de devoir repartir aussi vite, mais sa femme devait déjà l’attendre. Maxence hocha la tête, un peu confus.

— Est-ce que Hugo va mourir ? lâcha-t-il subitement. C’est ça son sacrifice ? Sa vie ?

— Max, je t’ai observé. Tu es intelligent et plus sensible à ces choses qu’Adam. Fies-toi à ce que tu ressens. Un jour, tu comprendras pourquoi ton père et sa bande ont fait ce pacte.

— Mais…

— Quand ton mari aura discuté avec Hugo, viens me voir à ce moment-là.

Un soupir s’échappa de sa gorge au moment où il le regarda s’en aller avec son fils. Il avait peur de ce qu’il venait d’apprendre, mais peut-être, devait-il laisser les choses arriver jusqu’à ce qu’il comprenne de quoi tout cela retournait ?

☆☆☆

 

Le second soir, après une baignade au lac, Adam marchait le long de la berge en compagnie de son mari. Il était aux anges. Tout était parfait. L’endroit semblait magique et Maxence était heureux. Chaque fois qu’il posait son regard dans le sien, il avait le sentiment d’avoir encore quatorze ans. Main dans la main, il contempla le coucher du soleil en priant que rien ne les séparerait. Il s’arrêta et se posta derrière Maxence, les bras autour de la taille.

— On devrait revenir avec nos amis, murmura-t-il à son oreille.

— Oui, c’est calme et reposant. J’aimerais rester toute ma vie ici avec toi, lui répondit Maxence en pivotant pour se lover tout contre lui.

Adam l’étreignit et ferma ses yeux. En son for intérieur, il aimait bien son idée. Même si cela faisait maintenant six ans qu’il était officiellement en couple avec Maxence, il lui arrivait d’être hanté par son cauchemar. Le perdre serait la plus terrible des souffrances. Il le savait. Son cœur ne s’en remettrait jamais. Il avait tellement d’amour à lui donner que toute une vie ne suffirait pas.

— Ça va, Adam ?

— Oui, mon ange, répondit-il en déposant un baiser sur son front. J’adore ce coin de paradis.

Maxence l’embrassa en collant chaudement son corps contre le sien.

☆☆☆

 

Il y avait des matins où Adam se réveillait avant l’aube. Le dernier jour, il se leva et alla se servir un verre de jus de fruit dans la cuisine. L’été était chaud et le courant d’air extérieur qui passait à travers les fenêtres entrouvertes relaxa son corps moite. Il retourna dans la chambre, s’allongea à côté de son époux et contempla son visage endormi en s’accoudant sur son flanc gauche.

Sa main droite saisit le drap blanc et découvrit le torse de Maxence. Celui-ci était devenu un beau jeune homme. Son corps avait une petite musculature et son visage parsemé d’une barbe de trois jours le rendait virile. Il caressa la chevelure brune qui dissimulait des paupières closes. La tête de Maxence bougea quelques secondes avant de se stabiliser. Adam profita de cet instant pour déposer un baiser papillon sur ses lèvres. Il sourit en le voyant rouler à son opposé et lui présenter son dos.

Loin d’abandonner, sa main écarta le tissu qui recouvrait encore le bas du corps. Elle se posa en traîtresse sur sa hanche et il déposa d’autres baisers contre la peau nue de Maxence. Ce dernier gémit doucement à ce réveil câlin. Il poursuivit en descendant ses lèvres humidifiées jusqu’au bas du dos et mordilla les fesses rondes de son amant.

— Hé ! grogna Maxence en tentant d’éloigner sa bouche de la peau ferme.

— Tes fesses sont appétissantes, le taquina-t-il en l’obligeant d’une main à se mettre sur le dos.

— Adam, gémit celui-ci.

Sa langue parcourut le sexe dur de son brun puis, il la prit en bouche pendant que ce dernier se cambra.

— Laisse-moi te faire l’amour, Adam…

Il continua à le torturer avant de se retrouver, quelques minutes plus tard, en dessous de Maxence. Son corps s’embrasa au contact de son bassin. Il aimait la manière dont son cadet lui faisait l’amour. Il était doux et attentionné. Contrairement à ce dernier qui avait besoin de le sentir plus fort et plus sauvage. Ils avaient chacun leur façon de faire et Adam adorait chaque caresse que lui offrait son jeune mari.

Les yeux clos, il laissa Maxence s’occuper de son corps pendant que ses mains parcouraient sensuellement la peau chaude de celui-ci. Il écarta ses cuisses et haleta en sentant des baisers contre son cou, gémissant au rythme de sa respiration courte et lente. Un doigt enduit de lubrifiant s’enfonça doucement en lui avant que d’autres ne le pénètrent et percutent son point sensible. Maxence le préparait en le suçant avec avidité.

— Max ! Max !

Il avait tellement envie qu’il maintint ses jambes écartées avec ses bras, prêt à le recevoir. Maxence n’attendit pas et s’enfouit profondément en lui. Adam le regarda se redresser au-dessus de lui. Son visage empourpré s’approcha du sien et celui-ci l’embrassa d’un rapide baiser. Lorsqu’il reçut les premiers coups de reins, sa gorge laissa échapper des plaintes de plus en plus rapprochées. Comme à chaque fois, un tourbillon de sensation l’envahit, l’emportant doucement vers des sommets encore plus hauts.

Ensemble, fusionnels et passionnés, ils inondèrent la chambre de leurs râles rauques et emplis de désirs. C’était le voyage des sens, un abîme où dans chacun de leurs souffles erratiques s’épanouissait leur amour.

Cela aurait pu être plus bestial, mais Maxence savait rendre l’instant plus sensuel. Il avait les gestes pour lui montrer combien il tenait à lui. Il savait lui susurrer des mots tendres à l’oreille. Il avait l’art et la manière de manipuler son corps contre le sien et Adam se soumettait à lui. C’était dans ces moments-là que son cœur reconnaissait son unique amour.

Il gémit en se rapprochant inéluctablement de l’extase. Il enlaça rapidement son sexe d’une main tremblante et se masturba devant le regard luisant de Maxence. Sa respiration se saccada quand celui-ci, excité par la vision qu’il lui offrait, accéléra la cadence. L’orgasme les saisit si brutalement qu’ils crièrent à l’unisson.

☆☆☆

 

Ils passèrent le reste de la journée à marcher au bord du lac.  Ils avaient profité de chaque instant comme si demain n’existait pas. Maintenant, les valises dans le coffre, ils jetèrent un dernier regard au chalet en espérant y revenir avec leurs amis et, pourquoi pas, les parents ? Ils se dirigèrent main dans la main en direction de l’étendue d’eau et la contemplèrent une dernière fois. Adam plaqua son torse au dos de Maxence et l’enlaça par la taille.

Ils fermèrent leurs paupières quelques secondes, laissant le doux chant de la nature les bercer. Ici tout paraissait intemporel et éternel. La brise de l’été semblait leur souhaiter un bon retour alors que leur cœur s’était attaché à ce lieu. Ce qu’il y avait de bien dans les rêves, c’était que tout était possible, même le cri imaginaire d’un oiseau parut s’insinuer dans l’air du temps.

— Adam ?

— Oui, mon ange.

— Promets-moi que, si jamais un jour, on se prenait vraiment la tête, qu’on se retrouvera ici…

— Je te le promets.

Maxence pivota, encadra son visage et l’embrassa en scellant cette promesse.

 

Épilogue : D’Artagnan

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