HS – HA – Papa

Hors-série Histoire d’aimer

SPOILER ELEVEN T1

C’est un inédit car les personnages sont encore inconnus aux bataillons et devraient apparaître en guest dans l’un des livres.

Rappel des personnages d’Eleven T1

Carl McBeth : employé chez Florale entreprise de la famille Garnier

Vivien Garnier : PDG de Florale entreprise, père de Corenthin Garnier

Beverly : Hé oui, nous la revoyons… je ne dis rien de plus pour éviter de spoiler, mais si vous êtes là, c’est que normalement vous connaissez l’histoire.

Note : Ce n’est pas un MM mais une parcelle de vie d’un des personnages vu par José Diez.

En le lisant, vous saurez à quel moment cela se passe !

Désolée s’il reste des coquilles (pas relu depuis que je l’ai écrit…)

Papa

.

— Papa ? À l’école, les autres, ils disent que je suis une tapette… ça veut dire quoi ?

José, assis à son bureau, regardait l’écran de son ordinateur sans vraiment le voir. Il ferma quelques secondes ses yeux et se massa les paupières tout en entendant les mots de son fils résonner à ses oreilles. Il ne savait pas ce qu’il devait faire face à ce genre de situation. Séparé de son ex-compagne, ils avaient d’un commun en accord accepté qu’il ait la garde exclusive d’Alan. Sur le coup de la panique, il l’avait appelé et elle avait gentiment éclaté de rire.

— N’as-tu jamais fait attention qu’il rougit facilement devant un garçon ?

— Non ? avait-il répondu.

— José, lui avait-elle murmuré en soupirant, même moi je le savais déjà.

— Qu’Alan est gay ?

— Oui.

— Et qu’est-ce que je dois faire ?

— Rien si ce n’est d’être toi-même.

— Mais il n’a que 8 ans ! Comment peut-il dire qu’il…

— Ce que je veux dire, l’avait-elle coupé, évite d’être… terrorisé comme tu l’es en ce moment.

— Tu crois qu’il a un chéri à l’école ?

José chassa la conversation de sa tête. Ce n’était pas en se posant des questions qu’il y arriverait.

— Allô ? Monsieur Diez ? Ici la Terre ?

Il releva son visage et sourit en apercevant le responsable de la serre.

— Pardon, Carl ? Je réfléchissais…

— Je vois ça, gloussa l’homme, c’était pour te prévenir que ton fils vient d’être déposé, lui répondit l’homme.

— Oh déjà ? dit-il en jetant un œil à sa montre. Je n’ai pas vu l’heure passer.

— Beverly aimerait savoir si les 101 roses rouges[1] pour monsieur Lupin[2] sont bientôt prêtes ?

José se gifla mentalement et grimaça.

— J’étais tellement en retard dans mes prévisions de plannings que j’ai oublié de passer voir mes parents. Je les appelle et…

— Non, l’interrompit celui-ci. Prends le temps d’aller voir ton garçon, Monsieur Lupin ne viendra les chercher que samedi, tu as encore trois jours.

— Bien, merci.

Carl était l’un des collaborateurs de M. Garnier Vivien, PDG de Florale entreprise. Il était aussi l’un de ses amis les plus proches et de ce qu’il savait, tous les échantillons que l’anglais cultivait ici était soigneusement choisis entre ces deux hommes. Ses parents avaient eu la chance d’avoir pu être les premiers sur la liste. Ces derniers lui avaient donné l’amour de ces fleurs et il espérait un jour offrir cela à son fils.

.

Il avait attendu quelques minutes avant de quitter son bureau. Si Alan était gay, que pouvait-il faire de plus ? Ce n’était pas ça qui allait l’empêcher de l’aimer, mais il sentait que le regard des autres seraient difficiles à supporter. Ce monde ne semblait pas prêt à accepter ces couples et c’était une chose qui le faisait peur… surtout pour son fils.

Pourtant, lorsqu’il arriva à l’entrée de la serre, son cœur se mit à battre la chamade en découvrant la scène qui lui ouvrit les yeux. Au milieu de la grande pièce, Beverly était en compagnie d’Eleven et de Sacha Faure. Un peu en retrait, il remarqua Alan qui semblait triste.

— Love You too, Sasa ! murmurait la voix du petit garçon de sa collègue.

Il regarda Eleven enlacer très fortement le plus grand et insister une nouvelle fois :

— Love You too, Sasa !

— Je t’aime aussi Even, émit enfin Sacha en répondant à l’étreinte.

— Comme vous êtes adorables ! minauda Beverly qui déposa un baiser sur le front dudit garçon. Sacha, éteins ton caméscope, nous allons faire une pause repas.

— Uh ! répondit celui-ci en hochant la tête, je fais au revoir et je l’éteins.

— Sasa, moi aussi, moi aussi, je veux dire au revoir !

Comme des amis de longues dates, il les vit sourire à la caméra et les enfants chuchotèrent en faisant un signe de la main :

— Good Bye !

José regarda ensuite son fils qui ne paraissait pas l’avoir encore vu. À cet instant, il comprit rien qu’en le détaillant qu’Alan était vraiment gay. Il ne voyait peut-être que son profil, mais son cœur de père avait une soudaine envie de le protéger de ces premières douleurs.

— Alan ? l’appela-t-il.

Celui-ci tourna son visage rond vers lui. Une frange noire dissimulait ces yeux bleus qu’il put distinguer lorsqu’Alan la repoussa d’une main. Son fils sourit en l’apercevant et courut dans sa direction tout en écartant ces bras. José commença à douter de ses pensées en se demandant s’il ne s’était pas trompé. Alan avait été captivé par la caméra et non l’un des garçons !

— T’as vu ? lui dit son fils. Sacha il a une caméra ! Dis ? Je pourrais en avoir une pour Noël ?

— On verra si tu es sage, dit-il en le portant contre lui. Pourquoi n’es-tu pas allé leur dire bonjour ?

— Sacha était avec son copain, lui répondit-il comme si cela l’excusait.

— Tu n’aimes pas Eleven ? le questionna-t-il tout en marchant vers la sortie.

— Si…

— Mais ?

Son fils l’obligea à s’arrêter et celui-ci posa ses yeux dans les siens.

— Il ne me parle pas.

— C’est parce qu’il est timide et plus jeune que toi aussi.

Son fils fit mine de réfléchir en regardant vers le bas avant de le fixer à nouveau.

— Et s’il ne m’aime pas ?

José gloussa en reprenant le chemin de la sortie.

— S’il apprécie Sacha, pourquoi pas toi ?

.

.

Trois jours plus tard, José roulait en direction du centre-ville pour déposer les dix bouquets de roses rouges que ses parents avaient fraîchement cueillis. Ces derniers cultivaient des parcelles de roses et les rouges étaient les plus demandés à l’approche de la saint-valentin. Il sourit en se rappelant de la demande.

Ce jour-là, Carl était venu le voir avec la liste des bouquets. Habituellement, celui-ci envoyait directement la commande à ses parents, mais là, c’était exceptionnel. C’était pour son ami et voisin Jules Lupin. Lorsque José apprit que cela faisait dix ans que son ami était marié, il s’était senti idiot de l’avoir oublié.

Jules et sa femme s’étaient installés à côté de chez lui, il y a quelques mois de cela. C’était un couple très agréable et avait un petit garçon de cinq ans, Boris avec lequel Alan s’entendait très bien. Boris qui avait des problèmes d’élocution communiquait souvent en signant avec ses mains. Le garçon semblait adorer discuter ainsi avec son fils. Peut-être qu’un jour, quand Boris aura moins peur du regard des autres, il parlera.

José savait que l’enfant utilisait sa voix haute uniquement avec ses parents, car il avait peur des moqueries. Ces derniers, archéologues de métier, avaient pas mal voyagé avant de trouver ce petit coin de paradis. L’état de Boris les avaient poussé à s’installer pour son bien et depuis qu’Alan le fréquentait, le garçon donnait l’impression d’être plus ouvert.

— Bon sang ! s’écria Carl en le voyant entrer dans l’immeuble de l’entreprise, elles sont magnifiques !

Il le salua et lui remit l’un des bouquets.

— Il en reste encore 9 à l’arrière de ma camionnette et celle qui a un ruban rouge a 11 roses, précisa-t-il.

— Super ! Il va être heureux ! J’appelle Beverly et Claude !

— Merci.

Quelques minutes plus tard, il rentra chez lui. José avait grandi en bordure de la ville, loin des pots d’échappement et du vacarme. À la campagne, il appréciait le chant des oiseaux et l’odeur de la nature. C’était tout naturellement qu’il avait acheté un morceau terrain à ses parents.

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— Papa ? marmonna son garçon en sortant de la voiture, tu crois que ça fera plaisir à Sacha et son copain ?

— Bien sûr, qui n’aime pas le chocolat ?

Son garçon lui sourit et son cœur palpita d’angoisse. La semaine avait été si chargé que, encore une fois, il avait oublié que cette après-midi, l’entreprise organisait une visite guidée suivie d’un goûter pour les enfants. Cela ne se produisait qu’une fois par an et amenait beaucoup de monde à découvrir une partie des fleurs cultivées ici.

— Carl ! s’écria son fils en voyant l’homme. J’ai apporté des chocolats !

— Hé bonjour, petit bonhomme !

— Heu, bonjour, bredouilla l’enfant en rougissant.

— Tu peux rejoindre le groupe, ton ami Boris est déjà arrivé.

— Tu as déjà donné les bouquets de rose à son papa ? demanda son fils à Carl.

L’anglais gloussa et lui répondit :

— Oui, et je crois que la maman de Boris va être très très heureuse.

— Chouette !

José regarda son fils partir comme une flèche vers les autres enfants puis soupira en resaluant son collègue.

— Tu m’as l’air soucieux, José ? lui chuchota-t-il.

Il lui raconta ce qui le turlupinait et Carl ne parut pas du tout choqué.

— Laisse le temps au temps, lui répondit-il. Il est jeune et fera ses propres expériences.

— Ouais, je sais…

Très peu de personne autour de lui savait qu’Alan avait été erreur de parcours. Laëtitia était tombée enceinte et avait voulu avorter, mais en pensant à tort qu’elle resterait avec lui, il avait demandé à ce que la grossesse aboutisse.

— Regrettes-tu ? lui demanda Carl.

— Quoi ? Non, jamais. Il est ce qui m’est arrivé le plus beau dans ma vie…

— Un instant, tu m’as fait peur, lui murmura son collègue. Allons-nous servir un café et laisser ces gamins…

— Tu ne fais pas la visite ?

— Non, pour une fois, le big boss s’en charge…

— Cet homme m’épatera toujours, dit-il en marchant en direction de la salle de repos.

— Vivien aime ce qu’il fait…

Il rit et osa lui répéter les mots qu’Alan lui avait dit. Carl le regarda et s’arrêta pour lui répondre.

— Ce n’est que le début, mais te connaissant, tu apprendras à Alan à se défendre.

José qui n’était pas du genre à se laisser intimider jeta un œil vers le groupe d’enfants et aperçut son fils. Celui-ci était en pleine discussion gestuelle avec Boris. Alan n’avait jamais été rejeté et c’était la seule chose qui comptait à ses yeux.

— Tu as raison, murmura-t-il.

.

.

Si le temps de l’enfance était une période d’innocence et de rire, cela passa trop vite aux goûts de José. Alan était devenu un jeune homme de 18 ans très séduisant, mais aujourd’hui, son cœur de père était aussi triste que le sien.

— Tu es prêt ? demanda-t-il à Alan qui déposa le dernier carton dans le camion de déménagement.

— Oui…

Alan n’avait pas une seule fois pleuré quand il lui avait annoncé que Vivien Garnier lui offrait l’opportunité de prendre le poste d’informaticien à l’agence de Paris. Mais il pouvait voir dans ces yeux fuyants et brillants une douleur qu’il parvenait à comprendre. Laisser derrière soi une grande partie de sa vie était y abandonner ses souvenirs… et Dieu seul en connaissait les secrets.

Il avait salué ses collaborateurs et remercié Luka d’avoir accepté à plein-temps son poste qu’il lui laissait entièrement. L’automne était une belle saison pour tout recommencer ailleurs… pour Alan et pour lui.

— Qu’as-tu dis à Boris ? demanda-t-il en montant dans sa voiture pour prendre de l’avance sur les déménageurs.

— Rien de spéciale, lui répondit-il d’une voix neutre. Tu le connais ? Quoique je lui dise, il ne m’écoutera pas.

— À qui la faute ? dit-il en riant.

— Je lui ai juste dit d’arrêter d’en vouloir à Denis et de veiller sur Eleven, lui avoua Alan en souriant à son tour.

José sourit sans en demander plus. Le retour du fils de son ancienne collègue avait été un choc, mais Alan n’avait pas osé aller à sa rencontre.

La seule chose qu’il ne saurait jamais était l’identité du garçon qui avait pris le cœur de son fils. Partir de cette ville était surement une bonne idée. Voir son garçon faire semblant que tout allait bien devenait de plus en plus difficile à supporter. José ne lui posait plus de questions depuis qu’Alan était entré au collège. Celui-ci avait su se créer une image de mauvais garçon et ne laissait jamais paraitre ces sentiments… sauf quand la coupe était pleine et cela n’était arrivé qu’une fois.

Fin

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Vous aurez fait la connaissance d’Alan Diez !

Donc cette fin suppose qu’à l’arrivée d’Eleven en ville, Alan partait avec son père… => cela signifie que ?? (à vous de me le dire pour voir si vous avez suivi :D)

***

Saura-t-on un jour pourquoi Boris en avait après Denis ? Oui, j’ai tout prévu et ce n’est pas encore prêt d’arriver. On le saura dans l’un des prochains livres.

***

Comme je l’ai dit et prévenu, 2018 n’aura aucune sortie en autoédition (uniquement sur le blog et selon ma disponibilité). Je ne préviens pas systématiquement sur facebook donc pensez à vous inscrire sur le site.

 

Merci à vous

 


[1] 101 roses : pour exprimer un amour fou

[2] Lupin : Nom de famille de Boris

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Box gagnant !

Bonjour,

Les réponses attendues dans l’ordre :

1 / Adam

2 / William

3 / 2 peluches

4 / Boris

5 / Son fils et l’ami de celui-ci

6 / Son neveu

7 / un accident de la route

8 / Son frère

Bonus / Etoiledéneige

Il est vrai qu’une question pouvait apporter d’autres réponses… Deux personnes ont répondus tout juste et comme j’avais déjà prévu le coup à l’avance, il n’y a pas qu’une mais deux gagnantes : Mzelle Lineas & Italia !

Et comme, vous n’avez pas été nombreux, les 2 autres participants recevront le livre. (Pensez à m’envoyer votre adresse pour celles que je n’ai pas).

Voilà la couverture où j’ai décidé de reprendre le titre originale

Mathias, les amis & les anges

Le livre fait 56 pages et fait partie de l’univers du Grimoire de l’intersection dont il n’est pas obligé de connaître pour le lire.

 

Encore merci pour votre participation

Eridine